Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, s’est dit pleinement ouvert au dialogue avec les avocats au cours de la prochaine étape, soulignant qu’il était « ouvert à tout dialogue dans un avenir proche » afin de trouver des solutions aux dossiers en suspens. Il a écarté la possibilité d’une poursuite de la grève menée par certaines catégories d’avocats, déclarant : « Je ne pense pas que la grève se poursuivra, car les avocats sont des hommes de loi et comprennent ce que signifie la publication d’une loi au Bulletin officiel et ce que signifie le fait que Sa Majesté le Roi en ordonne l’exécution ».
Commentant la polémique ayant entouré la loi relative à l’organisation de la profession d’avocat après sa publication au Bulletin officiel et son entrée en vigueur, Ouahbi a estimé, dans une déclaration à la deuxième chaîne, ce vendredi 21 août 2026, que ce débat appartenait désormais « au passé ».
Dans le même contexte, Ouahbi s’est dit optimiste quant à la possibilité de parvenir prochainement à « une solution », soulignant que plusieurs questions liées à la loi resteront ouvertes au débat juridique, notamment à travers des recours devant les tribunaux ou des saisines de la Cour constitutionnelle, conformément aux dispositions de l’article 133 de la Constitution.
Le ministre de la Justice a affirmé que la prochaine étape devait être consacrée à l’examen concret des dossiers essentiels concernant la profession et les avocats, notamment l’amélioration des conditions de travail des avocats au sein des tribunaux, l’accélération du chantier de la numérisation ainsi que la recherche d’une solution au dossier des retraites.
Selon Ouahbi, les avocats défendaient la profession et ses intérêts, tandis que lui défendait « la logique du gouvernement et la logique de l’État », avant que le processus n’aboutisse à la publication définitive de la loi.
Ouahbi a par ailleurs estimé que le texte avait suscité « beaucoup de débats et de bruit », considérant que les réseaux sociaux avaient contribué à approfondir les divergences en relayant, selon lui, des propos inexacts qui lui étaient attribués, ce qui aurait aggravé la crise entre lui et les avocats. Il a ainsi déclaré : « Ma relation avec les avocats n’est pas un divorce définitif, mais un divorce révocable ».
Le ministre considère que le conflit autour de la profession, après l’entrée en vigueur de la loi et sa publication au Bulletin officiel, doit désormais laisser place au travail sur d’autres dossiers intéressant les avocats et la profession d’avocat. « Je ne peux pas continuer à porter le passé avec moi », a-t-il poursuivi, appelant à réfléchir à la manière de travailler ensemble « dans l’intérêt de la profession d’avocat et dans l’intérêt du citoyen devant les tribunaux ».
En revanche, Ouahbi a reconnu que certaines « dérives » ayant accompagné le débat étaient liées à des accusations formulées contre les avocats ou contre lui personnellement, affirmant que certains propos qui lui ont été attribués « n’ont absolument jamais été prononcés par moi ».
Il a souligné qu’il entendait dépasser ces épisodes lorsqu’il s’agit de réfléchir à l’une des institutions de l’État, considérant que la profession d’avocat constitue « une institution de l’État », puisqu’elle garantit une partie essentielle des conditions d’un procès équitable. Le ministre a conclu : « J’ai moi-même été avocat. Les avocats s’affrontent dans la plaidoirie autour des dossiers, mais lorsqu’ils sortent de l’audience, ils dépassent leurs différends. Ils continuent toutefois à se battre, en conscience, pour défendre la partie qu’ils représentent ».






