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Jusqu’à 2 000 DH d’amende : la loi sur les animaux errants provoque une levée de boucliers

Les articles 5 et 44 de la loi n° 19.25 relative à la protection et à la prise en charge des animaux errants, entrée récemment en vigueur, suscitent de nombreuses critiques parmi les citoyens, notamment ceux qui ont l’habitude d’aider les animaux en les nourrissant, en les soignant, en les secourant ou en les hébergeant, par compassion et souci du bien-être animal.

L’article 5 de ladite loi soumet les opérations d’hébergement, d’alimentation ou de soins des animaux errants dans les espaces publics au respect du cadre légal et des textes réglementaires en vigueur. L’article 44 prévoit, quant à lui, une amende pouvant atteindre 2 000 dirhams pour toute personne qui enfreint ces dispositions en accomplissant de manière non encadrée de tels actes dans l’espace public.

Ce sont précisément ces dispositions qui ont suscité l’indignation de nombreux citoyens. Celle-ci s’est notamment exprimée à travers des publications sur les réseaux sociaux, dans lesquelles certains internautes annoncent leur volonté de défier ces dispositions et de continuer à héberger ou à nourrir les animaux errants, notamment les chats et même les chiens.

Dans ce contexte, Zineb Takan, présidente de l’association « Irham pour la protection animale et de l’environnement », a estimé, qu’une partie de cette indignation est liée à la nécessité d’apporter une lecture juridique précise et équilibrée des dispositions concernées. Elle a également rejeté toute réduction de ces dispositions à l’idée selon laquelle « toute personne qui nourrit un animal dans la rue sera sanctionnée », une interprétation relayée, selon elle, par certaines pages et certains sites d’information de manière sensationnaliste et exagérée.

Elle a souligné que l’article 44 établit la sanction en cas de violation des dispositions de l’article 5. Par conséquent, l’interprétation des deux articles doit se faire dans le cadre de l’ensemble de la loi et non indépendamment des autres dispositions qu’elle contient.

Il demeure toutefois légitime de poser une question fondamentale : comment organiser la présence et la prise en charge des animaux dans la rue et protéger l’espace public sans créer un climat de peur chez les citoyens qui, pour des raisons humanitaires, ont pris l’habitude de venir en aide à ces animaux ?

À ce propos, la présidente de l’association souligne que « la présence des chats et des chiens dans l’espace public fait désormais partie de la réalité quotidienne dans un grand nombre de villes marocaines, que nous le voulions ou non ». Partant de ce constat, Zineb Takan estime que toute politique publique efficace doit tenir compte de cette réalité et œuvrer à l’organiser et à la traiter de manière scientifique, humaine et durable, plutôt que de chercher uniquement à limiter certaines de ses manifestations.

Dans cette perspective, elle appelle également à clarifier les modalités d’application de certaines dispositions, notamment celles liées aux articles 5 et 44, afin de parvenir à un équilibre entre, d’une part, l’organisation de l’espace public et la protection des citoyens et, d’autre part, la nécessité de ne pas décourager les citoyens et les associations de secourir et de prendre soin des animaux.

L’association « Irham pour la protection animale et de l’environnement » a néanmoins salué l’adoption de la loi n° 19.25, considérant qu’il s’agit d’une mesure réclamée depuis longtemps par les associations engagées dans la défense des droits des animaux et la promotion du bien-être animal.

Elle estime que cette loi, malgré certaines réserves concernant les articles 5 et 44, constitue une première étape importante dans le processus de protection des animaux et de l’environnement au Maroc. « Il n’est plus acceptable que la situation perdure dans un vide législatif encadrant les rapports avec les animaux, notamment ceux présents dans la rue », souligne l’association.

Dans le même temps, les militants actifs dans ce domaine s’accordent à considérer que la prochaine étape sera décisive. Le succès de cette loi ne se mesurera pas uniquement à son adoption, mais également à son application concrète sur le terrain, à la mobilisation des moyens nécessaires, à l’adoption des textes d’application et à l’implication des associations spécialisées dans ce processus.

Zineb Takan, présidente de l’association Irham, a conclu sa déclaration en affirmant que « les Marocains ne veulent pas d’une loi qui sanctionne le citoyen qui tend la main pour aider un animal, ni d’une loi qui laisse les animaux dans la rue sans solution ».

Selon le Bulletin officiel publié le 14 août 2026, l’article 5 de la loi n° 19.25 relative à la protection et à la prise en charge des animaux errants dispose qu’aucune personne ne peut prendre en charge un animal errant, que ce soit en l’hébergeant, en le nourrissant ou même en le soignant, autrement que conformément aux dispositions de cette loi et de ses textes d’application.

L’article 44 de la même loi prévoit quant à lui des amendes allant de 500 à 2 000 dirhams à l’encontre de toute personne qui, en violation de l’article 5, nourrit, héberge ou soigne un animal errant dans les espaces publics, notamment sur la voie publique, dans les immeubles résidentiels collectifs ou dans les lieux ouverts au public.

 

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