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Élections 2026 : l’Istiqlal défend ses bastions dans le Sud face à l’offensive du PAM

À l’approche des élections législatives, le Parti de l’Istiqlal entend conserver son influence dans les provinces du Sud, où il dispose depuis plusieurs décennies d’un important ancrage électoral. Pour le parti de la balance, l’enjeu dépasse désormais la simple conservation des sièges : il s’agit également de préserver une présence politique dans des territoires appelés à jouer un rôle central dans la prochaine étape du dossier du Sahara marocain.

Cette orientation apparaît clairement dans le discours de son secrétaire général, Nizar Baraka, qui a récemment placé la notion de « gouvernement de l’autonomie » au cœur de sa vision de la prochaine législature. Une formule qui contraste avec celle de « gouvernement du Mondial », souvent utilisée pour désigner les priorités liées à l’organisation de la Coupe du monde 2030.

Dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, l’Istiqlal a misé sur plusieurs figures disposant d’un fort ancrage local. Le parti a notamment désigné Moulay Hamdi Ould Errachid comme tête de liste dans la province de Laâyoune, aux côtés de Moulay Zoubair Habdi à Smara, Abdelaziz Aba à Boujdour et Abdellah Bialat à Tarfaya. Cette configuration reprend les principales figures qui avaient permis au parti de remporter quatre sièges parlementaires lors des élections législatives de 2021.

À Dakhla-Oued Ed-Dahab, l’Istiqlal a également procédé à des choix stratégiques. Mbarek Hmiyah a été désigné tête de liste dans la circonscription locale d’Oued Ed-Dahab, après son départ du Rassemblement national des indépendants. Mohamed Boubker conduira pour sa part la liste du parti dans la circonscription locale d’Aousserd.

À travers ces investitures, l’Istiqlal cherche à s’appuyer sur des personnalités disposant d’une expérience électorale et d’un important réseau local, dans une région où les équilibres politiques connaissent actuellement d’importantes transformations. Le paysage politique des provinces du Sud a été marqué récemment par plusieurs départs et changements de camp. La région de Dakhla-Oued Ed-Dahab a notamment connu le départ de plusieurs figures importantes de l’Istiqlal.

Parmi les mouvements les plus significatifs figure celui de El Khattat Yanja, président du Conseil régional et ancien coordinateur régional du parti, qui a rejoint le Parti authenticité et modernité (PAM). Ahmed Nafaa, inspecteur de l’Istiqlal dans la province d’Oued Ed-Dahab, a également rejoint le PAM.

D’autres élus et responsables locaux ont quitté les rangs de l’Istiqlal, contraignant la formation à revoir ses équilibres et à accélérer la préparation de ses listes en vue des prochaines élections. Dans ce contexte, le recrutement de nouvelles personnalités venues d’autres formations apparaît comme l’un des leviers utilisés par les partis pour renforcer leur implantation locale et compenser les départs enregistrés.

L’arrivée d’El Khattat Yanja au sein du PAM constitue l’un des principaux changements intervenus récemment dans la région de Dakhla-Oued Ed-Dahab. Le nouveau membre du bureau politique du parti a affirmé à la mi-août que son arrivée devait contribuer à donner un nouvel élan à la présence du PAM dans la région, à l’approche des échéances électorales.

Cette recomposition pourrait ainsi modifier les rapports de force traditionnels dans une région où l’Istiqlal a longtemps bénéficié d’un important capital électoral. La bataille ne se limite donc plus à une confrontation entre structures partisanes. Elle se joue également autour de la capacité des formations à attirer des personnalités disposant d’un poids électoral, d’un réseau local et d’une capacité de mobilisation. Au-delà des investitures, l’Istiqlal cherche également à donner une dimension politique plus large à sa campagne dans les provinces du Sud.

Lors d’un rassemblement partisan, Nizar Baraka a affirmé que le prochain gouvernement ne devrait pas être uniquement considéré comme un « gouvernement du Mondial », en référence à la préparation de la Coupe du monde 2030, mais comme un « gouvernement de l’autonomie ». Cette formule inscrit la prochaine échéance électorale dans une perspective qui dépasse les enjeux économiques et sportifs liés à la Coupe du monde.

Elle place notamment la question de l’autonomie du Sahara marocain au cœur du discours politique du parti, à un moment où le Maroc prépare la prochaine étape de sa stratégie diplomatique et politique autour de cette question. Pour l’Istiqlal, l’enjeu consiste donc à articuler son implantation électorale dans les provinces du Sud avec un projet politique plus large, dans lequel ces territoires sont appelés à jouer un rôle important.

Malgré son implantation historique dans les provinces du Sud, l’Istiqlal devra composer avec une nouvelle configuration politique. Le poids de figures comme Moulay Hamdi Ould Errachid à Laâyoune et Mbarek Hmiyah à Dakhla constitue un atout pour le parti. Mais les départs enregistrés récemment, notamment vers le PAM, témoignent d’un paysage électoral en mouvement. Les prochaines élections pourraient ainsi donner lieu à une recomposition des équilibres dans les principales circonscriptions du Sud.

L’Istiqlal devra non seulement défendre ses sièges, mais également démontrer qu’il conserve sa capacité de mobilisation dans une région où les concurrents cherchent désormais à s’implanter durablement. Entre la volonté de préserver ses « bastions historiques », l’arrivée de nouvelles figures dans les partis concurrents et la volonté de placer la question de l’autonomie au cœur de son discours, l’Istiqlal aborde donc les prochaines élections avec un double objectif : maintenir son poids électoral dans le Sud et renforcer sa légitimité politique dans une région stratégique pour l’avenir du Maroc.

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