Le Maroc prévoit de mobiliser près de 134 milliards de dirhams à l’horizon 2030 pour accélérer le développement de son réseau ferroviaire et moderniser ses infrastructures. Ce vaste programme comprend notamment l’extension de la ligne à grande vitesse vers Marrakech, le raccordement du port Nador West Med au réseau national ainsi que l’acquisition d’une nouvelle flotte destinée à renforcer le transport de voyageurs.
Le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a indiqué ce mercredi à Rabat que le Royaume poursuivait la mise en œuvre d’un programme d’investissement de grande ampleur, complété par un dispositif additionnel destiné à adapter le système ferroviaire aux transformations économiques et urbaines que connaît le pays.
S’exprimant par l’intermédiaire du secrétaire général du ministère, Zine El Abidine Berrada, lors de l’ouverture de la deuxième édition du Forum international sur le financement des projets ferroviaires en Afrique, le ministre a précisé que les investissements programmés concernent en particulier le prolongement de la ligne à grande vitesse depuis Kénitra jusqu’à Marrakech.
Cette extension doit permettre de renforcer la connexion entre plusieurs grands pôles urbains et économiques et d’améliorer la fluidité des déplacements sur l’un des principaux axes du pays. Le programme prévoit également la création d’une liaison ferroviaire avec le port Nador West Med. L’objectif est d’intégrer davantage cette infrastructure portuaire aux réseaux nationaux de transport et de faciliter les flux de marchandises ainsi que les opérations logistiques.
Le développement des trains de proximité dans les grandes agglomérations figure lui aussi parmi les priorités. Ces dessertes doivent contribuer à réduire la pression sur les autres modes de transport et à faciliter les déplacements quotidiens dans les principaux centres urbains.
Le plan comprend par ailleurs l’acquisition de 168 nouveaux trains. Cette opération doit s’accompagner de la modernisation des infrastructures existantes, de l’entretien des équipements et de l’amélioration de leurs performances afin de répondre à la hausse attendue de la demande dans les prochaines années.
Selon le ministre, ces investissements répondent à plusieurs défis structurels liés à l’expansion rapide des villes, à l’augmentation du nombre de voyageurs et au développement des activités économiques. Le ferroviaire est ainsi présenté comme l’un des leviers essentiels pour améliorer la mobilité des citoyens et renforcer les connexions entre les zones de production, les centres économiques et les bassins de consommation.
Le gouvernement inscrit également ce programme dans les préparatifs de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. L’objectif affiché est de disposer d’un système de transport capable d’absorber les flux liés à cet événement tout en garantissant une utilisation durable des nouvelles infrastructures après la compétition.
Au-delà de l’échéance sportive, les autorités entendent donc faire de ces projets un investissement de long terme au service des citoyens, des entreprises et des différents territoires.
Sur le plan financier, Abdessamad Kayouh a annoncé la mise en place d’un cadre contractuel entre l’État et l’Office national des chemins de fer. Celui-ci doit préciser la nature des investissements, leurs sources de financement ainsi que les engagements des différentes parties chargées de leur réalisation.
La mobilisation des ressources reposera sur une diversification des mécanismes de financement. Le programme prévoit notamment le recours à des instruments de finance verte ainsi que le développement de dispositifs destinés à mieux maîtriser les risques financiers associés aux grands projets d’infrastructure.
À travers cette stratégie, le Maroc cherche à accélérer la transformation de son réseau ferroviaire tout en préparant les besoins de mobilité de la prochaine décennie. Le véritable enjeu sera désormais de traduire ces investissements massifs en amélioration concrète de la qualité des services, de la couverture territoriale et de l’accessibilité du transport ferroviaire pour les usagers.






