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Presse : les éditeurs appellent El Mansouri à corriger les « dysfonctionnements » du secteur

La Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) a appelé la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri à corriger les dysfonctionnements affectant le secteur de la presse et de l’édition, tout en mettant fin à ce qu’elle qualifie de pratiques de discrimination et d’exclusion dont elle affirme avoir fait l’objet sous le précédent gouvernement.

Dans un communiqué publié ce jeudi 15 octobre 2026, à l’issue de la réunion ordinaire de son bureau exécutif tenue lundi 12 octobre, la Fédération a également réclamé l’ouverture d’un dialogue « réel, responsable et sérieux » avec les organisations professionnelles représentant les éditeurs et les journalistes. Selon elle ce dialogue devrait reposer sur une volonté politique claire, des objectifs précis, des relations institutionnelles sérieuses ainsi que sur le respect des engagements pris et la mise en œuvre effective des conclusions des concertations.

La Fédération estime que les difficultés traversées par la presse, l’édition et les médias devraient figurer parmi les priorités du nouvel exécutif, compte tenu de la sensibilité de la période actuelle et des défis nationaux, stratégiques et de développement auxquels le Royaume est confronté.

Elle appelle ainsi à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une stratégie nationale globale destinée à redresser le secteur, disant espérer que la cheffe du gouvernement et les formations composant la nouvelle majorité feront preuve d’une volonté suffisante pour engager les changements attendus par les professionnels.

La FMEJ affirme avoir été marginalisée et tenue à l’écart durant les cinq années du précédent mandat gouvernemental. Elle considère que cette exclusion s’est opérée « sans justification logique », malgré le rôle qu’elle revendique depuis plus d’un quart de siècle comme interlocuteur des pouvoirs publics dans les programmes de réforme et dans les accords portant sur la mise à niveau des entreprises de presse.

La Fédération rappelle également être, selon elle, la seule organisation professionnelle d’éditeurs de journaux disposant de représentations territoriales dans l’ensemble des régions du Royaume, y compris dans les provinces du Sud. Elle souligne par ailleurs avoir été à l’origine de la première convention collective juridiquement formalisée dans le secteur depuis le début des années 2000.

Dans ce contexte, elle appelle le gouvernement conduit par Fatima Ezzahra El Mansouri à rétablir, selon ses termes, l’équité en matière de représentation professionnelle et à ouvrir avec elle un dialogue fondé sur des règles claires et sur le respect des engagements.

La Fédération a également renouvelé ses critiques concernant l’évolution du système d’autorégulation de la profession et, plus particulièrement, la configuration actuelle du Conseil national de la presse. Elle rappelle avoir participé aux premières réflexions ayant précédé la création de cette institution ainsi qu’aux travaux préparatoires menés, à l’époque, en coordination avec les autorités gouvernementales.

La FMEJ dénonce cependant ce qu’elle présente comme son « éviction » de la structure actuelle du Conseil national de la presse, estimant que cette situation s’est produite au mépris des règles et des usages en matière de représentation professionnelle. Elle critique également l’absence, selon elle, de pluralisme dans la représentation des éditeurs de journaux au sein du Conseil, considérant que cette configuration ne respecterait ni l’esprit ni la portée d’une décision de la Cour constitutionnelle relative à cette question.

Pour la Fédération, les difficultés du secteur ne se limitent toutefois pas à la composition des instances professionnelles ou aux mécanismes de régulation. Elle pointe également une dégradation de certains contenus journalistiques, la multiplication des pratiques de diffamation, des comportements qu’elle juge contraires aux règles professionnelles ainsi qu’un recul du respect de l’éthique journalistique.

La FMEJ évoque en outre un manque de transparence dans le secteur de la publicité, dans la distribution des annonces et dans certaines conventions de partenariat. Elle critique également le système de soutien public mis en œuvre ces dernières années, affirmant que celui-ci aurait été adopté sans concertation préalable suffisante et qu’il ne garantirait plus, à ses yeux, le principe de pluralisme.

Pour la Fédération, ces dossiers relèvent directement de la politique publique consacrée aux médias et appellent par conséquent une intervention du gouvernement.Elle plaide ainsi pour la définition d’une vision globale et d’un programme intégré permettant de traiter simultanément les difficultés économiques des entreprises de presse, les questions de régulation, la représentation professionnelle ainsi que les enjeux liés à la qualité des contenus et à l’éthique.

Tout en dressant un bilan très critique des cinq dernières années, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux affirme être disposée à coopérer avec les pouvoirs publics et avec le nouvel exécutif. Elle dit vouloir jouer un rôle de force de proposition afin de contribuer au redressement de la presse et de l’édition et considère qu’une telle démarche passe nécessairement par l’ouverture rapide d’un dialogue avec les organisations professionnelles jugées représentatives et sérieuses.

La Fédération annonce enfin que son bureau exécutif adressera prochainement à la cheffe du gouvernement une note détaillée regroupant ses revendications, ses attentes ainsi que les préoccupations des entreprises de presse.
Cette démarche devrait constituer, selon l’organisation, une première étape vers l’ouverture d’un nouveau cycle de concertation avec l’exécutif autour de l’avenir du secteur de la presse, de l’édition et des médias au Maroc.

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