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Mohamed Ghiyat au cœur du législatif : l’expérience peut-elle devenir une empreinte institutionnelle

La Chambre des représentants a élu, ce mercredi 14 octobre 2026, Mohamed Ghiyat, député du Rassemblement national des indépendants (RNI), à la présidence de la Commission de la justice, de la législation, des droits de l’Homme et des libertés, dans le cadre de la mise en place des structures de la première Chambre après l’élection d’Ahmed Touizi à sa présidence.

Cette désignation dépasse la simple répartition des responsabilités internes au Parlement. La commission que dirigera désormais Mohamed Ghiyat occupe une place centrale dans le processus législatif, puisqu’elle examine une partie des textes les plus sensibles touchant à la justice, aux droits, aux libertés publiques et à l’architecture juridique du pays.

À ce titre, sa présidence exige davantage qu’une maîtrise technique des procédures. Elle suppose également une capacité à organiser le débat, à garantir l’expression des différentes sensibilités parlementaires et à faire du désaccord un levier de production législative plutôt qu’un prolongement mécanique des rapports de force politiques.

L’élection de Ghiyat intervient dans un contexte particulier pour le RNI, désormais relégué dans l’opposition après avoir conduit la majorité gouvernementale lors de la précédente législature. Ce retour à une responsabilité de premier plan au sein de l’institution parlementaire offre ainsi au parti l’occasion de peser autrement sur le travail législatif, depuis les bancs de l’opposition.

Mohamed Ghiyat n’est pas un nouveau venu dans les arcanes du Parlement. Il a déjà présidé le groupe parlementaire du RNI et occupé les fonctions de vice-président de la Chambre des représentants au cours de la précédente législature. Son parcours lui a également permis de participer à plusieurs séquences de diplomatie parlementaire, renforçant son expérience des mécanismes institutionnels et des équilibres internes de la Chambre.

Son itinéraire professionnel s’est, par ailleurs, construit à la croisée de plusieurs secteurs. Avant son engagement parlementaire, Ghiyat a exercé dans le domaine de l’éducation et de la formation, notamment en tant que cadre chargé d’études à l’Institut national de formation et de recherche pédagogique à Casablanca.

Il a ensuite occupé des responsabilités de direction au sein de l’Institut national de formation des cadres techniques, avant de devenir directeur régional de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail dans plusieurs régions, parmi lesquelles l’Oriental, Tensift-Al Haouz et l’ancienne région du Grand Casablanca.

Son parcours l’a également conduit vers le secteur de l’énergie. En 2004, il rejoint la Samir en qualité de directeur des ressources humaines et des relations institutionnelles, avant d’y exercer les fonctions de directeur général adjoint chargé du pôle ressources.
Il a également dirigé l’Académie africaine de l’énergie ainsi que la société Continent Oil Maroc, élargissant ainsi son expérience à la gestion d’organisations et aux secteurs économiques stratégiques.

Sur le terrain de la diplomatie parlementaire, Mohamed Ghiyat a présidé la section marocaine de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie et siégé au sein de sa commission politique. Il a également participé à plusieurs rencontres parlementaires internationales et contribué aux travaux d’un groupe consacré au développement de parcours d’excellence dans la formation professionnelle dans les pays du Maghreb et du Machrek.

Son profil académique complète ce parcours institutionnel et professionnel. Ghiyat est titulaire d’un master en gestion des services publics de l’ESSEC à Paris, ainsi que d’un master en gestion des ressources humaines obtenu auprès de l’École euro-arabe de management à Grenade, en Espagne.

Il a également siégé au conseil d’administration de l’Université Hassan II de Casablanca et exercé différentes responsabilités dans les milieux associatif, culturel et sportif, notamment à Mohammedia.

Sa nomination à la tête de la Commission de la justice ouvre désormais une nouvelle étape dans son parcours. Le défi ne sera plus seulement de représenter son groupe ou de participer au débat parlementaire, mais de conduire les travaux d’une commission appelée à examiner des réformes pouvant toucher directement à l’équilibre entre institutions, droits et libertés.

Dans une Chambre marquée par une nouvelle configuration entre majorité et opposition, cette responsabilité aura une portée particulière. La capacité de Mohamed Ghiyat à préserver la qualité du débat, à gérer les divergences et à favoriser un examen rigoureux des textes constituera l’un des principaux critères d’évaluation de son mandat.

Au-delà de son expérience personnelle, l’enjeu sera donc institutionnel : faire de la Commission de la justice un espace où la confrontation politique reste encadrée par la qualité de l’argumentation juridique, le respect des procédures et la recherche d’un travail législatif solide.

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