L’adoption par le Conseil de gouvernement du projet de décret n° 2.25.631 relatif à la révision des prix des médicaments a suscité une vive contestation au sein du secteur pharmaceutique marocain. Les professionnels mettent en garde contre des répercussions susceptibles de fragiliser les officines, de perturber davantage le marché du médicament et d’accentuer la dépendance aux importations.
Dans un communiqué, la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a indiqué que la version du texte adoptée lors de la réunion gouvernementale du 22 juillet 2026 ne tient pas compte de plusieurs propositions essentielles qu’elle avait soumises depuis le lancement de la réforme du système de tarification des médicaments.
La Confédération a réaffirmé son soutien à toute réforme visant à réduire le coût des médicaments onéreux, à améliorer l’accès des citoyens aux traitements et à préserver l’équilibre financier des régimes d’assurance maladie. Elle a toutefois critiqué la manière dont le ministère de la Santé et de la Protection sociale a conduit ce chantier, estimant que le dialogue avec les acteurs du secteur a manqué d’efficacité et que les observations formulées par les professionnels n’ont pas été intégrées dans la version finale du décret.
L’organisation syndicale a également dénoncé la persistance de ruptures d’approvisionnement concernant certains médicaments à bas prix ainsi que le retrait de plusieurs références du marché national, une situation qui risque, selon elle, de limiter l’accès des patients aux traitements. Elle souligne par ailleurs le recul de la contribution de l’industrie pharmaceutique nationale au profit des médicaments importés, une évolution susceptible d’affaiblir la souveraineté pharmaceutique du Royaume.
Selon la Confédération, la nouvelle formule de réduction des prix des médicaments les plus coûteux pourrait avantager certains laboratoires pharmaceutiques et les organismes d’assurance maladie, sans produire d’effet significatif sur le pouvoir d’achat des citoyens, alors même que les pharmacies font face à des pressions financières croissantes.
Le communiqué regrette également l’absence de mesures d’accompagnement permettant aux pharmaciens de développer de nouveaux services de santé, conformément aux recommandations du Conseil de la concurrence. De telles mesures contribueraient, selon ses auteurs, à assurer la pérennité des officines et à renforcer leur rôle dans les soins de proximité.
La Confédération réaffirme son attachement à une approche conciliant la baisse des prix des médicaments, la préservation de la viabilité du système de santé et le maintien de l’équilibre économique des pharmacies, qu’elle considère comme un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement en médicaments et de l’accès aux soins.
Elle accuse enfin le gouvernement de privilégier des considérations politiques liées aux échéances électorales au détriment d’une vision institutionnelle globale, et tient le ministère de la Santé et de la Protection sociale pour politiquement et administrativement responsable des éventuelles conséquences du décret sur la stabilité du secteur et sur la sécurité pharmaceutique nationale.
En outre, la Confédération rappelle que près de la moitié des pharmacies marocaines connaissent déjà des difficultés économiques, estimant que toute réforme du système de fixation des prix doit impérativement être accompagnée de mécanismes de protection garantissant leur pérennité et leur capacité à remplir leurs missions sanitaires et sociales.






