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Législatives 2026 : À Casablanca, la guerre des mots est déclarée entre Lekjaa et Akhannouch

Le coup d’envoi de la campagne électorale prend une tournure électrique à Casablanca. Alors que le scrutin approche, la rivalité au sein même de la majorité a éclaté au grand jour. Fouzi Lekjaa, figure du bureau politique du Parti Authenticité et Modernité (PAM) et ministre délégué au Budget, et Aziz Akhannouch, ex patron du Rassemblement National des Indépendants (RNI) et chef du gouvernement, se sont livrés à une passe d’armes directe, transformant la capitale économique en ring politique.
« Cocotte-minute » et gestion du bétail : Lekjaa réplique fermement
Face aux militants du PAM à Casablanca, Fouzi Lekjaa n’a pas mâché ses mots pour défendre le programme de sa formation. Rejetant les accusations d’un texte bâclé en « cocotte-minute », il a renvoyé la balle à ses adversaires, ciblant les partis qui sous-traitent leur vision à des cabinets d’études étrangers. Sur les dossiers sociaux, il a rappelé que rénover le secteur de la santé ne se résume pas à couler du béton pour bâtir des hôpitaux, mais exige avant tout de revaloriser le quotidien des médecins et des infirmiers.

Également attaqué sur la gestion des deniers publics et l’importation de bétail pour l’Aïd al-Adha, le ministre du Budget a vivement réagi aux rumeurs de favoritisme envers les intermédiaires (al-faraqchiya) : « Que la malédiction frappe les menteurs, surtout ceux qui se drapent dans la piété », a-t-il laché. Tout en rappelant le cadre légal strict des marchés publics, il a reconnu en toute transparence que les retombées de cette mesure n’avaient pas été à la hauteur des attentes pour le portefeuille des ménages, appelant sans détour à « corriger le tir ».

« Les grands chantiers appartiennent à l’État » : la mise au point d’Akhannouch
La réponse du chef du gouvernement ne s’est pas faite attendre. Depuis Médiouna, Aziz Akhannouch a tenu à recadrer les ardeurs électorales de son partenaire de coalition, sans jamais le nommer directement. Pour l’ex président du RNI, les grands projets d’infrastructures ne sont l’apanage d’aucun parti : ils relèvent des choix stratégiques de l’État, portés sous la conduite royale et financés par l’impôt des citoyens.

S’attaquant aux promesses non tenues, Akhannouch s’en est pris au terrain sportif, raillant les engagements répétés d’un titre à la CAN féminine ou d’une finale de Coupe du monde pour la sélection masculine. Il a également tranché net la polémique autour du futur grand stade de Benslimane : « Ne racontez pas aux électeurs que vous leur avez apporté ce stade. Son emplacement exact a été choisi par Sa Majesté. »

Appelant à la retenue face aux partenaires espagnols et portugais pour l’organisation du Mondial, Akhannouch a invité chacun à « garder ses distances » et à ne pas transformer les dossiers d’État en simples arguments de campagne. À Casablanca, le ton est désormais donné : la bataille pour les urnes ne fera aucun cadeau, y compris entre alliés d’hier.

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