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Jeune Afrique dévoile les dessous de la fuite de 70 000 noms liés à la sécurité marocaine

Le magazine « Jeune Afrique » a révélé de nouveaux éléments concernant la fuite attribuée au groupe « Jabaroot » et impliquant des données liées aux services de sécurité marocains. Selon la publication, la diffusion d’environ 70 000 noms ne permet pas, à elle seule, d’établir que les systèmes informatiques de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) ou de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) ont fait l’objet d’une intrusion directe.

Le groupe avait publié, le lundi 24 août, sur l’application Telegram, des fichiers contenant, selon ses affirmations, les noms d’agents et de responsables sécuritaires, accompagnés de données personnelles et administratives telles que des numéros d’immatriculation, des références de pièces d’identité, des informations bancaires ainsi que des dates de naissance et de recrutement.

Selon « Jeune Afrique », l’examen d’une partie des données diffusées révèle des indices laissant penser qu’elles sont anciennes. La date de recrutement la plus récente figurant dans les listes remonterait ainsi à 2020. Les fichiers comporteraient également les noms de personnes décédées au cours des dernières années, parmi lesquelles Abdelhak Khiame, ancien directeur du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), décédé en 2022.

Citant ses sources, le magazine affirme que les bases de données relevant de la sûreté nationale et de la surveillance du territoire seraient restées à l’abri d’une intrusion lors de cette récente opération. Il privilégie l’hypothèse selon laquelle les pirates auraient obtenu ces informations à partir de bases de données administratives externes contenant des renseignements sur des fonctionnaires de l’État.

Parmi les sources potentielles évoquées figurent Saham Assurance et la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS), deux institutions susceptibles de détenir des données administratives concernant un grand nombre d’agents du secteur public.

Le magazine établit également un lien entre cette opération et une série de fuites précédemment attribuées au même groupe depuis le printemps 2025. Parmi elles figure la publication, en avril 2026, de données présentées comme étant liées à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), avec la possibilité que les informations compromises concernent des fonctionnaires issus de plusieurs secteurs publics.

Pour « Jeune Afrique », la présence de noms liés à la sûreté nationale et à la surveillance du territoire dans cette fuite pourrait avoir été utilisée afin de donner à l’opération une plus grande résonance médiatique et une dimension particulièrement sensible. La seule présence de ces noms dans des bases administratives ne constitue toutefois pas une preuve suffisante d’une intrusion dans l’infrastructure numérique des services de sécurité marocains.

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