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Election 2026 : L’USFP dévoile 20 engagements pour une « croissance équitable »

Le parti de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) aborde les élections législatives de 2026 avec un programme électoral qui place le concept de « développement équitable » au cœur de sa vision politique et sociale. Le parti établit un lien entre la croissance économique et la nécessité d’assurer une répartition équitable de ses fruits, de protéger le pouvoir d’achat, de réduire les disparités territoriales et de renforcer la confiance dans les institutions, tout en instaurant des règles plus strictes pour séparer les responsabilités publiques des intérêts économiques.

Le Premier secrétaire du parti, Driss Lachgar, a présenté les grandes orientations du programme lors d’une rencontre consacrée à son lancement. Il a affirmé que l’USFP aborde ces échéances en tant que parti national souhaitant contribuer à la réussite des grands chantiers stratégiques du Royaume, dans le cadre de la vision portée par le roi Mohammed VI. Selon lui, les divergences dans la gestion des politiques publiques ne signifient pas pour autant des divergences sur les grandes finalités nationales communes.

Lachgar a expliqué que le programme électoral ne repose pas sur de « simples promesses passagères », mais s’appuie sur la référence socialiste-démocratique du parti, fondée sur la liberté, l’égalité, la justice sociale, l’équité territoriale et la démocratie institutionnelle. L’USFP estime que le Maroc a accompli ces dernières années des avancées importantes en matière d’infrastructures et de programmes sociaux, tout en préservant plusieurs de ses équilibres, mais que les fruits de ce progrès n’ont pas bénéficié à toutes les catégories sociales et à toutes les régions de manière égale ni au même rythme.

Partant de ce constat, le parti soulève une question centrale : non seulement celle du volume de croissance réalisé par l’économie nationale, mais aussi celle de savoir qui bénéficie réellement de cette croissance et qui demeure en dehors de ses retombées. Le programme propose de rendre l’éducation, la santé, le logement et la protection sociale davantage accessibles, tout en faisant de l’amélioration des revenus des ménages et de leur pouvoir d’achat un critère essentiel d’évaluation de l’efficacité des politiques publiques. Dans ce contexte, Lachgar a souligné que le succès des politiques ne devrait pas être mesuré uniquement à travers les indicateurs et statistiques officiels, mais aussi par ce qui parvient concrètement aux citoyens et améliore effectivement leurs conditions de vie.

La justice territoriale occupe également une place importante dans la vision de l’USFP. Le parti appelle à orienter davantage l’investissement public vers les régions et les catégories sociales les plus touchées par la précarité, afin de réduire les écarts entre les villes, les campagnes et les différentes régions du pays. Lachgar a insisté sur le fait que le lieu de résidence d’un citoyen ne devrait pas déterminer ses chances d’accéder à l’éducation, aux soins ou à l’emploi. Selon lui, une répartition identique des ressources ne garantit pas nécessairement l’équité lorsque les territoires et les catégories sociales ne partent pas des mêmes conditions. Le parti préconise donc de faire de l’investissement public un outil de correction des déséquilibres territoriaux.

Le programme accorde une attention particulière aux retraités et aux personnes âgées, que l’USFP considère comme des citoyens titulaires de droits envers l’État et la société, et non comme un simple poids pour les politiques sociales. Le projet comprend des propositions visant à protéger leur pouvoir d’achat et à garantir leur accès aux soins, à l’accompagnement et à la protection sociale, tout en appelant à accélérer la réforme des régimes de retraite. Lachgar a mis en garde contre le report continu de cette réforme, estimant que chaque retard revient, en pratique, à transférer une partie de son coût aux générations futures.

Les questions relatives aux femmes occupent également une place centrale dans le programme, avec une volonté affirmée de passer du discours sur la représentation à une participation économique et politique effective. Lachgar a critiqué le fait de se contenter d’évoquer les droits des femmes dans les discours politiques sans les traduire en politiques concrètes. Il a réaffirmé l’engagement du parti en faveur de l’égalité, de la réforme du Code de la famille et du renforcement des droits économiques, sociaux et politiques des femmes. Il a notamment évoqué la faible participation économique féminine, soulignant que quatre Marocaines sur cinq en âge de travailler se trouvent en dehors du marché de l’emploi ou ne sont pas à la recherche d’un travail, estimant que l’autonomisation économique constitue une condition essentielle de l’indépendance et de la capacité à prendre des décisions.

Sur le plan institutionnel, l’USFP propose des mesures plus strictes pour empêcher l’interférence entre les responsabilités publiques et les intérêts économiques liés aux décisions prises par les responsables. Ces propositions comprennent la déclaration publique du patrimoine, soumise à des possibilités de contrôle, le renforcement de l’indépendance effective du Conseil de la concurrence et l’élargissement de sa capacité à agir de sa propre initiative et à publier ses décisions. Le parti appelle également à soumettre les exonérations fiscales à une évaluation régulière et publique et à conditionner leur maintien à leur efficacité économique et sociale. Il plaide, en outre, pour davantage de transparence dans les marchés publics et un durcissement des règles de prévention des conflits d’intérêts et des situations de rente.

Lachgar a précisé que ces mesures ne visent pas des personnes en particulier, mais cherchent à modifier les règles lorsque la frontière entre l’instance qui prend une décision et celle qui peut en tirer profit devient trop mince. Dans une initiative à forte portée politique, il a annoncé que le parti exigera de ses candidats qu’ils signent un engagement à ne pas cumuler une responsabilité publique avec un intérêt économique directement lié à celle-ci, sans attendre l’adoption d’une loi imposant cette obligation. Il s’est également engagé à ce que les collectivités dirigées par l’USFP poursuivent l’exécution des engagements contractés lors des mandats précédents, quelle que soit la couleur politique de ceux qui les ont initiés.

Le programme établit par ailleurs un lien étroit entre le développement économique et la qualité des institutions, en plaçant la protection des droits et des libertés parmi les conditions nécessaires au renforcement de la confiance et à l’attraction des investissements. L’USFP appelle ainsi à une justice indépendante, intègre et accessible aux citoyens, ainsi qu’au renforcement de la liberté de la presse, d’expression, d’organisation et de manifestation pacifique. Le parti insiste également sur la protection des données personnelles et de la vie privée dans le contexte de la transformation numérique. Selon lui, l’investissement nécessite une sécurité juridique claire, tandis que la confiance dans l’État et les institutions dépend de l’égalité devant la loi et de l’absence de privilèges liés à la position ou à l’influence.

Concernant les préparatifs du Maroc pour l’organisation de la Coupe du monde 2030, l’USFP considère cet événement comme une opportunité de développement local allant bien au-delà de sa dimension sportive. Lachgar estime que le véritable critère de réussite des investissements et des grands chantiers liés au Mondial doit résider dans l’impact durable qu’ils laisseront aux citoyens et aux territoires après la fin de la compétition. Il a souligné que les grands projets nécessitent des institutions compétentes, intègres et capables d’assurer la continuité afin de transformer les investissements en emplois, services et équipements durables.

Le parti propose également de passer, dans la manière de gérer l’action gouvernementale, d’une logique centrée sur le volume des budgets et des projets à une approche évaluant leur impact direct sur la vie des citoyens. Selon Lachgar, il ne suffit pas de connaître les montants dépensés par le gouvernement ; il faut déterminer ce qui a réellement changé dans les revenus des citoyens, la qualité des services et les opportunités d’emploi. Le programme prévoit ainsi d’associer les propositions à des échéances précises et à des indicateurs de mesure, afin de faire du document électoral un véritable contrat politique susceptible d’être évalué.

Lachgar a révélé que le programme comprend 20 engagements répartis entre plusieurs axes politiques, économiques et sociaux. La commission chargée de son élaboration présentera les détails des mesures, des indicateurs et des mécanismes de mise en œuvre. Il a précisé que le document est le fruit d’un travail collectif auquel ont participé des experts, des compétences et des militants issus de différentes régions du Royaume.

À travers ce programme, l’USFP présente donc aux électeurs une offre politique articulée autour d’une redistribution plus équitable des fruits du développement, de la protection du pouvoir d’achat, de la réduction des inégalités sociales et territoriales, du renforcement de l’équilibre institutionnel, de la lutte contre les conflits d’intérêts et de la défense des droits et libertés. Le parti résume la philosophie de son projet par le passage des promesses générales à des engagements précis, mesurables et susceptibles de faire l’objet d’une reddition de comptes, affirmant qu’il ne demande pas aux Marocains une « confiance en blanc », mais leur propose un contrat politique dont le mot d’ordre central est : « le développement équitable ».

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