Le président américain a salué sur son réseau Truth Social la baptisation à son nom de la voie express reliant Tiznit à Dakhla. Un hommage symbolique qui vient illustrer l’ancrage de l’alliance stratégique entre le Royaume et les États-Unis.
Un survol aérien de gorges spectaculaires, de falaises atlantiques et de dunes à perte de vue, ponctué par un panneau rendant hommage à son « courage historique » : c’est la vidéo publiée ce dimanche 26 juillet par Donald Trump sur Truth Social. À travers ce court clip montrant la nouvelle voie express marocaine rebaptisée « voie express Président Donald J. Trump », le chef de l’État américain a tenu à exprimer ses remerciements au « très respecté Mohammed VI, roi du Maroc ». Se disant profondément touché par cet « immense honneur », le président américain a émis le souhait de parcourir « bientôt » l’intégralité de cette artère névralgique, laissant entrevoir une possible première visite officielle dans le Royaume depuis son retour à la Maison-Blanche.
Un géant d’asphalte à près de 10 milliards de dirhams
Au-delà du symbole diplomatique, l’ouvrage célébré par Washington constitue la véritable colonne vertébrale du programme de développement des provinces du Sud, initié par le souverain marocain le 6 novembre 2015.
S’étendant sur 1 055 kilomètres le long de la côte atlantique, le dédoublement et l’élargissement de la route nationale 1 représente un investissement global proche de 10 milliards de dirhams (environ 930 millions d’euros). Le projet s’articule autour de trois tronçons majeurs :
Tiznit – Guelmim (114 km) pour près de 2 milliards de dirhams ;
Guelmim – Laâyoune (441 km) ayant englouti plus de 6 milliards de dirhams en raison du franchissement de nombreux oueds ;
Laâyoune – Dakhla (500 km) élargi à une plate-forme de neuf mètres pour plus d’un milliard de dirhams.
Ce chantier d’envergure a nécessité la réalisation de 16 grands ouvrages d’art, plus de 1 500 ouvrages hydrauliques et 33 millions de mètres cubes de terrassement. Il sera parachevé en juillet 2027 par la livraison du colossal viaduc sur l’oued Sakia El Hamra, long de 1,6 kilomètre.
Un levier économique et géostratégique vers l’Afrique
Pour Rabat, les retombées socio-économiques justifient amplement l’effort financier. Ayant généré 2,5 millions de journées de travail, la voie express désenclave un bassin de vie de plus de 2,2 millions d’habitants. Surtout, elle consolide le positionnement du Maroc comme carrefour continental en fluidifiant les échanges vers la Mauritanie et l’Afrique de l’Ouest via le poste-frontière de Guerguerat.
Cette artère routière servira également de connexion directe avec le futur port de Dakhla Atlantique — un mégaprojet de 12,6 milliards de dirhams, avancé à plus de 50 % et promis à une mise en service d’ici 2029.
Le prolongement d’un tournant diplomatique majeur
Cet hommage appuyé s’inscrit dans la continuité du rapprochement opéré entre les deux nations depuis décembre 2020, date de la reconnaissance par Washington de la souveraineté marocaine sur le Sahara.
La dynamique s’est encore accélérée ces derniers mois. L’adoption à l’ONU de la résolution 2797 — portée par la diplomatie américaine et érigeant le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution la plus réaliste — a marqué ce que le Roi Mohammed VI a qualifié de « tournant décisif ». Entre les pourparlers régionaux menés sous l’égide de Washington et l’intégration du Maroc comme membre fondateur du conseil de paix voulu par la présidence américaine, la « voie express Donald J. Trump » vient aujourd’hui couler dans le béton l’alliance stratégique entre Rabat et Washington.






