à la uneMedias

La Fédération des éditeurs appelle la commission provisoire à restaurer la confiance dans le secteur

La Fédération marocaine des éditeurs de journaux a salué l’installation des membres de la commission provisoire chargée d’exercer les attributions du Conseil national de la presse, estimant que cette initiative mettra un terme à la situation de paralysie qu’a connue l’instance d’autorégulation. Selon la Fédération, cette étape permettra de résoudre les difficultés administratives et organisationnelles auxquelles les entreprises de presse ainsi que l’ensemble de la profession ont été confrontées en raison de l’interruption des activités du Conseil.

Dans un communiqué publié par son bureau exécutif, ce samedi 25 juillet 2026, la Fédération a toutefois tenu à rappeler les réserves qu’elle avait exprimées à l’égard de la loi n° 09.26 ayant institué cette commission. Elle souligne que ce texte avait suscité une large opposition de la part des organisations professionnelles et des instances de défense des droits, tandis que la Cour constitutionnelle avait censuré plusieurs de ses dispositions dans sa version initiale.

La Fédération a également déploré l’absence de représentation directe des organisations professionnelles au sein de la commission ainsi que le défaut de concertation préalable lors de sa constitution. À ses yeux, cette démarche consacre une prédominance du pouvoir exécutif dans le processus de désignation des membres.

S’agissant de la composition de la commission, la Fédération a exprimé une appréciation globalement favorable à l’égard des personnalités désignées et de leurs parcours professionnels. Elle a notamment salué le président de la commission ainsi que les représentants des institutions constitutionnelles, en particulier le Conseil national des droits de l’Homme et le Conseil économique, social et environnemental. Elle a également rendu hommage à l’intégrité et au professionnalisme des représentants des éditeurs et des journalistes appelés à siéger au sein de cette instance.

La Fédération a néanmoins regretté l’absence de représentation des femmes professionnelles dans la composition de la commission. Elle a rappelé avoir proposé, il y a quatre ans déjà, une solution similaire placée sous la présidence d’un magistrat, proposition qui avait alors été écartée par le ministère de tutelle, conduisant, selon elle, le secteur vers des difficultés qui auraient pu être évitées.

Par ailleurs, l’organisation professionnelle a identifié plusieurs dossiers prioritaires auxquels la commission provisoire devra s’atteler afin de restaurer la confiance des professionnels du secteur. Parmi ces priorités figurent la régularisation du dossier des cartes professionnelles et leur renouvellement dans des conditions de transparence, accompagné de la publication des listes des bénéficiaires ; le règlement des procédures disciplinaires et des dossiers d’arbitrage en suspens ; l’ouverture d’un dialogue approfondi et constructif avec les organisations professionnelles afin de renforcer les mécanismes de coopération ; ainsi que l’amélioration de la gouvernance administrative interne de l’institution et l’apaisement des tensions avec les usagers.

En conclusion de son communiqué, la Fédération a réaffirmé sa disponibilité à contribuer, en tant que force de proposition responsable, à l’amélioration du fonctionnement du secteur. Elle a insisté sur son attachement à la préservation du pluralisme et de l’indépendance de la presse, tout en réitérant son opposition à toute forme de domination, d’hégémonie ou de monopole dans le paysage médiatique. Elle a enfin exprimé l’espoir que la commission provisoire parvienne à instaurer des relations équitables et impartiales avec l’ensemble des composantes de la profession, sans distinction.

Pour rappel, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication – Département de la Communication – avait annoncé, le vendredi 24 juillet 2026, l’installation officielle des membres de la commission provisoire chargée d’exercer les missions du Conseil national de la presse, en application de l’article 96 de la loi n° 09.26 relative à la réorganisation du Conseil.

Cette mesure ouvre une période transitoire durant laquelle la commission exercera les compétences dévolues au Conseil, notamment la préparation des élections des représentants des journalistes et la désignation des représentants des éditeurs. Sa première réunion est prévue le lundi 27 juillet 2026.

Related Posts

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *