L’annonce faite par le Parti Authenticité et Modernité (PAM), lors de son Conseil national le samedi 25 juillet 2026, concernant l’intégration de Fouzi Lekjaa à son bureau politique, suscite de vives interrogations. Son nom figure en effet parmi les absents de la liste des candidats aux prochaines élections législatives, alors même que les rumeurs le pressentaient dans la circonscription de Berkane, sa ville natale.
Pourtant, quelques jours avant la tenue du Conseil, des sources bien informées faisaient part du succès du PAM à rallier le dirigeant, assurant qu’il avait obtenu l’investiture pour battre campagne à Berkane. Son entrée officielle au bureau politique sans aucune investiture électorale laisse donc libre cours aux spéculations sur les dessous de cette stratégie.
Tactique d’étape ou stratégie à long terme ?
Pour certains observateurs, écarter Lekjaa de la course électorale locale ne serait qu’une manœuvre tactique. L’idée serait de lui éviter une campagne éprouvante qui disperserait ses forces à l’approche du scrutin du 23 septembre prochain. Selon cette hypothèse, le parti pourrait officialiser sa candidature plus tard, lors d’une seconde vague d’investitures, une fois les ajustements juridiques et organisationnels finalisés.
D’autres analyses favorisent la piste d’un simple retard logistique : l’adhésion de Lekjaa étant récente, la finalisation de son dossier administratif pour les circonscriptions nécessiterait un délai supplémentaire.
En route vers la présidence du gouvernement ?
L’hypothèse la plus captivante, largement commentée dans les cercles politiques et médiatiques, suggère que cette décision s’inscrirait dans un plan bien plus ambitieux. En le dispensant de la bataille électorale locale, le PAM préparerait le terrain pour lui confier une responsabilité nationale majeure : la présidence du gouvernement, en cas de victoire du parti aux législatives.
Cette lecture s’appuie sur le profil de Fouzi Lekjaa, figure technocrate reconnue pour sa rigueur et son efficacité exécutive. Il apparaît aux yeux de beaucoup comme le candidat idéal pour piloter les chantiers stratégiques du Royaume, notamment les préparatifs de la Coupe du Monde 2030.
Cette ambition rejoint les récents propos de Fatima Ezzahra El Mansouri. En officialisant l’arrivée de Fouzi Lekjaa et de Khattat Yanja, elle affirmait haut et fort que le PAM était « en route pour devenir la première force politique du pays », porté par le renfort de cadres à forte popularité.
Un signal fort au bureau politique
L’accès direct de Lekjaa au bureau politique dès son adhésion, sans passer par les étapes militantes traditionnelles, confirme son statut particulier. Cet accès « par l’ascenseur express » témoigne de la volonté du PAM de l’installer d’emblée au cœur des décisions stratégiques.
Reste à savoir si l’absence de son nom sur les listes électorales n’est qu’un contretemps technique ou le premier acte d’un redécoupage politique plus large. Une stratégie qui pourrait porter « l’architecte du football marocain » jusqu’à la tête du futur exécutif.






