La diplomatie algérienne traverse une période de confusion et d’isolement croissant sur la scène internationale, ce qui l’a poussée à une escalade médiatique sans précédent contre la France à travers ses journaux francophones. Il s’agit d’une tentative désespérée de trouver une issue à ses crises successives et de raviver les tensions entre Paris et Rabat.
Ces derniers jours ont ainsi révélé un vif différend entre l’ambassade de France en Algérie et le quotidien francophone El Watan. Ce dernier a publié deux articles consécutifs contenant une attaque virulente contre le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qualifié de « ministre sans poids politique », en réaction à la position de Paris soutenant la proposition marocaine d’autonomie au Sahara marocain.
Ce qui retient l’attention en ce moment, c’est que l’Algérie tentait depuis des mois de montrer que ses relations avec la France s’orientaient vers l’apaisement. Cependant, cette querelle médiatique, inhabituelle dans les milieux diplomatiques, confirme exactement le contraire. Elle révèle une réelle frustration algérienne après que le pays s’est retrouvé isolé à l’échelle internationale, particulièrement avec la poursuite de la reconnaissance internationale croissante de la souveraineté du Maroc sur son Sahara.
Le journal algérien ne s’est pas contenté de critiquer la position française, il s’en est également pris à l’ambassadeur de France, Stéphane Romatet, récemment retourné en Algérie. Le quotidien a estimé que ses déclarations concernant la résolution 2797 du Conseil de sécurité représentaient une « lecture biaisée des textes parisiens », signe évident que l’Algérie traverse une phase d’errance diplomatique.
Cette escalade médiatique de la part de l’Algérie intervient à un moment très critique, alors que la France s’efforce de reconstruire ses relations avec Rabat, considéré comme un partenaire stratégique et incontournable dans la région du Maghreb et de la bande sahélo-saharienne. Les tentatives du régime algérien d’entraîner Paris dans une confrontation avec le Maroc semblent vaines, surtout à la lumière des mutations majeures que connaît la région, lesquelles consolident la position du Maroc en tant qu’acteur incontournable.
Il est frappant de constater que le journal algérien a implicitement reconnu que la France tente de mener une médiation ou de jouer un rôle dans la région, tout en lui attribuant des « signaux contradictoires » qui compliquent davantage la situation. C’est une tentative de faire pression sur Paris pour la dissuader de soutenir la position du Maroc, ce qui révèle une réelle inquiétude algérienne de voir le rapprochement franco-marocain accentuer l’isolement de l’Algérie aux niveaux régional et international.
En contrepartie, la réaction française a été ferme et claire. L’ambassadeur de France a réaffirmé que le dialogue avec l’Algérie est une « nécessité », tout en insistant sur le fait que les relations doivent reposer sur le « respect mutuel », avertissant que Paris attend « également du respect de la part de l’Algérie ». Un message diplomatique codé signifiant que l’Algérie n’est pas dans la position de force qu’elle s’imagine.
Les observateurs estiment que cette querelle médiatique n’est que l’expression de la frustration algérienne face à l’échec de sa stratégie régionale, d’autant plus que Paris est devenue l’une des grandes capitales européennes à soutenir ouvertement la proposition d’autonomie sous souveraineté marocaine comme unique solution réaliste au conflit artificiel autour du Sahara.
L’Algérie tente, à travers ses journaux proches des cercles décisionnels, de montrer l’existence d’une contradiction dans la position française entre son soutien au processus d’apaisement avec l’Algérie et son appui continu au Maroc. Pourtant, la réalité indique que Paris est bien consciente que la stabilité de la région passe inévitablement par Rabat, et que tout rapprochement avec l’Algérie ne saurait se faire au détriment des intérêts stratégiques français avec le voisin de l’Est du Maroc.
Il semble que le temps ne joue plus en faveur du projet expansionniste algérien. Les développements rapides dans la région et dans le monde dessinent de nouveaux contours où l’Algérie se retrouve dans la position du spectateur, après avoir parié sur l’épuisement de ses adversaires, pour finalement se retrouver seule face aux grandes mutations géopolitiques.





