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Marchés de l’Aïd : la disparition des moutons contredit les annonces du gouvernement

À quelques heures seulement de l’Aïd al-Adha, les marchés de bétail dans plusieurs villes du Maroc apparaissaient moins fournis que d’habitude, marqués par une baisse notable du nombre de moutons proposés à la vente et par des difficultés croissantes pour les citoyens à trouver une bête adaptée au sacrifice.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont partagé des vidéos filmées dans différents marchés montrant de vastes espaces vides autrefois réservés à l’exposition des moutons, alors même que l’affluence des acheteurs augmentait à l’approche du jour du sacrifice.

Au marché de Meknès, des séquences vidéo ont révélé une nette diminution du nombre de moutons disponibles par rapport à la demande. D’autres images tournées à Casablanca, Marrakech et au marché d’Guelmim ont montré des foules massées autour des camions transportant le bétail dans l’espoir d’acheter les derniers animaux encore disponibles avant leur départ.

À Sidi Bennour, l’activité commerciale s’est poursuivie jusque tard dans la nuit, dans un contexte marqué par la crainte d’une rupture de l’offre.

Ces constats contredisent largement les déclarations du ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, qui avait affirmé devant le Parlement que l’offre nationale de moutons et de chèvres destinés à l’Aïd atteignait près de neuf millions de têtes, un volume censé couvrir confortablement une demande estimée entre six et sept millions.

Le ministre avait également assuré que des centaines de points de vente et marchés temporaires avaient été aménagés à travers le Royaume afin de garantir un approvisionnement suffisant et diversifié en termes de races, de tailles et de prix.

Ses déclarations, notamment lorsqu’il avait affirmé que des moutons étaient disponibles à partir de 1.000 dirhams, avaient toutefois suscité une vague de critiques et de moqueries, aussi bien au Parlement que dans l’opinion publique.

Pour de nombreux citoyens, ce discours gouvernemental apparaît aujourd’hui en total décalage avec la réalité des marchés, au point que « le mouton du ministre » est devenu un symbole de la crise de confiance grandissante entre les responsables publics et les citoyens.

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