La scène politique marocaine connaît une dynamique électorale accélérée et controversée à l’approche des prochaines échéances législatives. La compétition entre les composantes de la majorité gouvernementale s’est transformée en une course effrénée pour attirer des profils électoraux déjà établis, au détriment de la formation de nouvelles élites partisanes.
Selon des données circulant dans les coulisses politiques, plusieurs dirigeants des partis de la coalition gouvernementale sont de plus en plus préoccupés par le recrutement de figures de poids issues de partis alliés, afin de les parachuter dans différentes circonscriptions locales.
L’objectif est de renforcer leur présence parlementaire et de rafler le maximum de sièges. Cette situation a poussé certains responsables partisans à exprimer leur mécontentement face à ce qu’ils qualifient de « dérives portant atteinte à l’esprit de la coalition », ce qui pourrait ouvrir la voie à un débat interne entre les composantes de la majorité après les vacances de l’Aïd Al-Adha.
Ces manœuvres s’inscrivent dans un contexte politique général marqué par la recrudescence de ce que l’on appelle désormais la « transhumance partisane » ou le nomadisme politique rapide. Les alliances ne reposent plus sur des convergences de programmes ou des référentiels idéologiques, mais sont plutôt dictées par des calculs électoraux conjoncturels. Cette réalité a donné naissance à une scène caractérisée par une concurrence féroce à huis clos pour recomposer les listes électorales et les enrichir de candidats dotés d’un poids électoral certain.
Les observateurs estiment que cette tendance traduit un recul de la confiance accordée aux compétences internes des partis, au profit d’une quête de candidats « clés en main » capables de garantir des résultats rapides dans les urnes. Cela soulève de réelles questions sur l’avenir de l’action partisane et de sa structure organisationnelle.
En revanche, d’autres mettent en garde contre ce type de pratiques qui pourrait contribuer à affaiblir la confiance dans l’action politique, en particulier lorsque le phénomène de transfert des mêmes visages d’un parti à un autre se répète sans égard pour les engagements politiques ou les programmes électoraux. Selon cette même vision, cela consacre l’image de partis saisonniers fonctionnant selon une logique purement électorale, plutôt que selon une logique d’encadrement ou d’idéologie.
À l’approche du scrutin, la scène partisane semble se diriger vers davantage de tensions et de recompositions, sur fond d’une course ouverte aux voix et aux sièges qui pourrait redessiner de manière notable la carte des équilibres politiques.





