Dans une décision qualifiée d’« historique » par Rabat, le président colombien Abelardo De La Espriella a annoncé un virage majeur de sa diplomatie en reconnaissant officiellement la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Cette réorientation stratégique rompt avec la ligne de l’administration précédente et s’inscrit dans un rapprochement assumé avec Washington et le Royaume chérifien.
Cette annonce a immédiatement déclenché une vive tempête politique à Bogota. Une quarantaine de parlementaires ont rapidement publié une déclaration conjointe pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « scandale diplomatique » et de rupture avec les principes traditionnels de la politique étrangère colombienne. Tout en dénonçant un déni du droit à l’auto-détermination, les signataires ont tenu à rappeler leur attachement aux positions défendues par le Front Polisario.
Malgré la virulence des réactions au Congrès, cette prise de position des élus conserve une portée essentiellement symbolique. En vertu de la Constitution colombienne, la conduite de la politique étrangère relève du domaine réservé du chef de l’État, laissant à l’exécutif toute latitude pour consolider ce choix.
Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, s’est félicité de ce tournant stratégique, y voyant le socle d’un partenariat renouvelé dans des secteurs clés tels que l’investissement, le commerce et la sécurité alimentaire. La Colombie rejoint ainsi la liste croissante des pays d’Amérique latine ayant révisé leur position sur le dossier du Sahara au cours des dernières années.






