À Khénifra, les regards se tournent vers les manœuvres menées par Adil Barakat, membre du bureau politique du Parti Authenticité et Modernité (PAM), dans le cadre des préparations anticipées pour les prochaines échéances électorales. Plusieurs indices témoignent de la volonté du parti de réorganiser ses rangs et de renforcer sa présence dans la région Béni Mellal-Khénifra, en ralliant des figures dotées d’un ancrage électoral et familial capable d’influer sur le rapport de force.
Dans ce contexte, le nom de Sara Amahzoune, fille de la parlementaire Saadia Amahzoune (issue du Rassemblement National des Indépendants – RNI), a émergé après son ralliement, selon les données circulant, au PAM. La tête de liste régionale à Béni Mellal-Khénifra lui aurait été accordée pour les prochaines législatives. Ce ralliement revêt une importance particulière au vu de la notoriété de la famille Amahzoune sur la scène électorale locale, donnant à ce passage vers un parti concurrent une portée politique majeure.
Cette démarche, si elle venait à être officialisée, dépasse le simple transfert individuel d’un parti à un autre. Elle traduit une tentative du PAM de pénétrer les réseaux d’influence électorale constitués au fil des années, en particulier dans des zones où le RNI bénéficiait d’un ancrage solide. L’intégration d’une personnalité issue d’une famille à forte assise électorale offre au PAM non seulement un nouveau nom sur ses listes, mais aussi un réseau de relations, une valeur symbolique et une capacité de mobilisation auprès des électeurs.
Les démarches d’Adil Barakat révèlent un pari qui va au-delà du simple renforcement de la structure du parti : il s’agit de bâtir une offre électorale en mesure de disputer les sièges parlementaires avec une approche plus offensive. Pour le PAM, les prochaines échéances représentent l’opportunité de redistribuer les cartes au sein de la région, en associant des figures politiques reconnues à des personnalités ancrées localement pour convertir la présence organisationnelle en gains électoraux concrets.
En contrepartie, le départ potentiel de Sara Amahzoune représenterait un test politique pour le RNI dans l’un de ses fiefs électoraux. Il ne s’agirait pas seulement de la perte d’un cadre, mais du transfert possible d’une partie du capital symbolique et électoral familial vers un rival direct, ce qui pourrait contraindre le RNI à réévaluer ses positions et à resserrer ses rangs avant le début des compétitions électorales.
Ces développements envoient également un signal aux autres acteurs politiques de la région : la bataille à venir ne se jouera pas uniquement sur le terrain des campagnes et des programmes, mais a déjà commencé à travers la course aux candidatures, la structuration des alliances locales et la recomposition des réseaux d’influence. Sous cet angle, Khénifra s’apprête à connaître une rivalité accrue, d’autant plus si le PAM poursuit ses démarches pour attirer d’autres figures capables de créer des percées similaires.
Ainsi, le nom de Sara Amahzoune pourrait devenir l’un des enjeux majeurs de la compétition politique dans la région Béni Mellal-Khénifra, non seulement en raison de sa position personnelle, mais aussi pour ce que son éventuel transfert incarne en matière de recomposition de la carte politique locale. Si l’investiture est confirmée, cette initiative constituerait un revers électoral et politique marquant pour le RNI dans sa zone d’influence, tout en traduisant la volonté affichée d’Adil Barakat de mener une bataille ouverte pour étendre l’influence du PAM et briguer le plus grand nombre de sièges possible.






