Lors d’un rassemblement politique à Oulad Teïma, Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique et cadre du Parti de l’Istiqlal, a vivement remis en cause la gestion des ressources hydrauliques dans la région de Souss-Massa. Ciblant directement le bilan du Parti de la Justice et du Développement (PJD), l’exécutif a dénoncé ce qu’il qualifie de « gaspillage du temps de développement » durant la période 2011-2021, attribuant à cette décennie les retards accumulés dans la réalisation des projets structurants de lutte contre la sécheresse.
Selon M. Kayouh, les fragilités de la nappe phréatique régionale découlent du gel de mesures anticipatives arrêtées dès 2009. Les études établies à l’époque faisaient état d’un déficit annuel compris entre 800 et 900 millions de mètres cubes. Le ministre a particulièrement pointé le retard du projet d’extension du barrage d’Aoulouz — conçu pour porter sa capacité de 80 à 220 millions de mètres cubes —, affirmant que trois épisodes de fortes crues ont entraîné la perte de plus de deux milliards de mètres cubes d’eau, rejetés en mer faute d’infrastructures d’emmagasinage adéquates.
Sur le plan socio-économique, le responsable gouvernemental a dressé un lien direct entre ces retards et la perte de près de 25 000 hectares de terres irriguées, entraînant la destruction de dizaines de milliers d’emplois agricoles. Il a également cité le démarrage différé de la station de dessalement de Chtouka comme un autre exemple de surcoût financier et opérationnel lié aux hésitations décisionnelles.
Dépassant le cadre de la joute partisane, cette intervention recadre le stress hydrique dans le Souss-Massa non pas comme une simple fatalité climatique, mais comme un enjeu de gouvernance et de planification stratégique à long terme pour préserver le poumon agricole de la région.






