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Lekjaa dévoile les raisons de son entrée en politique et ses critiques envers le gouvernement

Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM) et ministre délégué chargé du Budget, a levé le voile sur les motivations qui l’ont conduit à investir le champ politique. Fort de plus de trente années d’expérience dans l’administration, le sport et les finances publiques, il affirme vouloir mettre son expertise au service du débat partisan et contribuer plus largement à l’élaboration et à la discussion des politiques publiques, au-delà des limites juridiques qui encadrent l’action ministérielle.

Dans une vidéo intitulée « En toute clarté avec Lekjaa », il annonce le lancement d’une série de rencontres de communication destinées à exposer directement aux citoyens ses choix et ses positions, loin des discours préétablis. Il entend notamment expliquer, avec franchise, les raisons de son choix de s’engager aujourd’hui en politique et ce qu’il estime pouvoir apporter à partir de son expérience accumulée au sein de plusieurs institutions, notamment au ministère de l’Économie et des Finances et dans le domaine de la gestion sportive.

Lekjaa explique que son parcours administratif, exercé pendant plusieurs décennies, était soumis à un cadre juridique précis et à des compétences strictement définies. L’engagement partisan lui offre, selon lui, une marge de manœuvre plus large pour mobiliser son expérience et contribuer, aux côtés des militantes et militants du PAM comme de l’ensemble des acteurs politiques, quelles que soient leurs appartenances, à apporter des réponses aux problématiques qui touchent directement le quotidien des Marocains et à accompagner le Royaume dans la dynamique de développement engagée depuis plus de vingt ans.

Le ministre délégué chargé du Budget s’est longuement attardé sur les limites de la responsabilité ministérielle. Il rappelle que chaque ministre agit dans un cadre légal déterminé, sous l’autorité et la coordination du chef du gouvernement. Sa mission en tant que ministre délégué chargé du Budget consiste notamment à gérer les ressources financières de l’État et à assurer les moyens nécessaires au fonctionnement du ministère de l’Économie et des Finances ainsi qu’aux différents départements gouvernementaux.

Il précise que ses attributions portent notamment sur la gestion des recettes de l’État issues des impôts directs et indirects, ainsi que sur la préparation des crédits budgétaires inscrits dans le projet de loi de finances, soumis ensuite au Parlement pour adoption. La responsabilité du ministre délégué chargé du Budget, explique-t-il, s’arrête à la détermination des financements alloués aux différents secteurs conformément aux priorités arrêtées.

Une fois la loi de finances adoptée, la mise en œuvre des projets relève du ministre en charge du secteur concerné, qu’il s’agisse de construire une route, un barrage, un hôpital, un centre de santé, de réhabiliter une ville ou de réaliser un équipement public. Le rôle du Budget consiste à mettre les crédits à disposition, tandis que chaque ministre demeure responsable de leur utilisation et de l’exécution des projets relevant de son département.

Pour Lekjaa, cette limitation légale des compétences constitue l’une des principales raisons ayant motivé son entrée en politique. Elle lui permettrait désormais, selon sa vision, de débattre des politiques publiques de manière transversale, de formuler des propositions et de contribuer à leur élaboration et à leur mise en œuvre, en s’appuyant sur une expérience de trois décennies, plutôt que de rester cantonné au périmètre d’un seul département ministériel.

Évoquant la question du pouvoir d’achat, Fouzi Lekjaa rappelle avoir soulevé à plusieurs reprises ce dossier devant les deux Chambres du Parlement. Il estime que les moyens mobilisés par l’État et le gouvernement pour maintenir les prix à un niveau jugé acceptable par les citoyens n’ont pas produit les résultats escomptés. Pour connaître sa position, souligne-t-il, il suffit de se référer à ses précédentes interventions parlementaires, tout en réaffirmant sa conviction quant à la nécessité de repenser en profondeur les politiques relatives aux prix.

Le ministre délégué chargé du Budget insiste sur la nécessité de poursuivre un objectif clair : permettre au citoyen marocain d’accéder à la viande et aux produits essentiels à des prix comparables à ceux pratiqués auparavant. La responsabilité politique, estime-t-il, impose de rechercher des solutions concrètes plutôt que de se limiter à justifier les résultats obtenus. Son passage à l’action partisane, affirme-t-il, ne signifie donc aucun changement de position : les convictions exprimées au Parlement demeurent les mêmes.

Lekjaa reconnaît, dans ce contexte, que « reconnaître ses erreurs est une vertu », admettant que des erreurs ont été commises dans l’action gouvernementale et que chaque responsable doit assumer sa part de responsabilité dans son domaine de compétence. L’urgence, selon lui, est désormais de les corriger et de concentrer les efforts sur la hausse des prix, le renchérissement du coût de la vie et la préservation du pouvoir d’achat.

Il révèle également que les questions liées aux prix et au pouvoir d’achat ont donné lieu à des divergences de vues au sein de l’Exécutif. L’accumulation de ces désaccords aurait, selon lui, mis en évidence de véritables divergences quant aux choix politiques défendus par les différentes composantes de la majorité.

Fouzi Lekjaa va plus loin en affirmant que ces divergences auraient atteint un point tel que son départ du ministère de l’Économie et des Finances serait devenu, selon ses propres termes, un « objectif stratégique » pour un acteur politique donné.

Une déclaration qui intervient dans le sillage de la polémique suscitée ces derniers jours par un enregistrement audio attribué à Rachid Talbi Alami, membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI), dans lequel il aurait été question du portefeuille de l’Économie et des Finances et d’un serment concernant la possibilité de voir Lekjaa accéder à ce département.

« L’affaire est allée jusqu’au serment et au juron », affirme Lekjaa, estimant que cet épisode révèle, à ses yeux, des divergences nettes d’intérêts et de choix politiques. Il assure que les désaccords continueront d’exister chaque fois que les politiques publiques s’éloigneront de ce qu’il considère comme les véritables intérêts des citoyennes et des citoyens.

Fouzi Lekjaa tient enfin à préciser que son choix d’entrer en politique ne répond pas à la recherche d’un poste ou d’un portefeuille ministériel. Il dit vouloir avant tout élargir son champ de contribution à la définition des choix publics et mettre son expérience dans l’administration, les finances et le sport au service du débat politique et de la recherche de solutions aux problématiques qui affectent directement la vie quotidienne des Marocains.

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