Mesurer la réussite d’un gouvernement au seul baromètre de la croissance ou au volume de béton coulé ? Pour l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH), cette approche a fait son temps. Dans une note stratégique adressée à l’exécutif dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri pour la période 2026-2031, l’ONG plaide pour une rupture méthodique : intégrer des indicateurs précis en matière de droits humains pour évaluer l’impact réel des politiques publiques sur le quotidien des citoyens.
Pour l’organisation, l’enjeu est d’adosser la feuille de route gouvernementale à des engagements chiffrés, datés et mesurables. Équité spatiale, réduction des fractures sociales, égalité des chances et dignité : autant de critères qui doivent, selon la note, devenir la véritable boussole des arbitrages budgétaires et de l’action des ministères, dans le droit fil de la Constitution de 2011 et des engagements internationaux du Royaume.
Santé, emploi et climat : les chantiers prioritaires
Sur le terrain des réformes sectorielles, l’OMDH fixe la barre haut. Le document met l’accent sur le droit au travail décent, l’accès à une éducation et des soins de santé de qualité, ainsi que la protection des populations vulnérables — notamment les femmes, les jeunes, les personnes en situation de handicap, les migrants et les réfugiés. L’ONG insiste également sur l’urgence climatique et la lutte contre la corruption, appelant à soumettre chaque futur projet de loi à une étude d’impact préalable sur les libertés fondamentales.
Peine de mort, CPI et travail domestique : l’appel à franchir un cap international
Sur le plan législatif et diplomatique, le plaidoyer de l’OMDH se veut particulièrement ambitieux. L’organisation presse le gouvernement de garantir l’accès effectif à l’information et recommande d’activer la ratification de plusieurs traités internationaux majeurs.
Parmi eux figurent :
Le deuxième protocole facultatif du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant l’abolition de la peine de mort ;
Le Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale (CPI) ;
Les conventions 189 et 190 de l’OIT sur le travail domestique et l’élimination des violences et du harcèlement dans le monde du travail.
En somme, l’OMDH invite le cabinet El Mansouri à transformer le futur programme gouvernemental en un véritable contrat social. Un pacte dont la crédibilité ne reposera plus sur des promesses d’affichage, mais sur sa capacité à réduire les inégalités et à consolider la confiance entre les citoyens et leurs institutions.






