Rim Chabat, présidente du groupe parlementaire du Mouvement populaire à la Chambre des représentants, a vivement critiqué la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, à propos de sa formule selon laquelle les portefeuilles ministériels auraient été attribués selon le principe de « la bonne personne à la bonne place ».
S’exprimant ce jeudi 22 octobre 2026 lors de la séance plénière consacrée à la discussion du programme gouvernemental, Rim Chabat a estimé que le document présenté par l’exécutif ne constituait pas, selon elle, un programme suffisamment abouti. Elle lui reproche de ne pas répondre clairement aux attentes des Marocains et de ne pas comporter, à ses yeux, assez d’engagements précis, de mesures concrètes ni d’objectifs chiffrés.
Pour le Mouvement populaire, le programme gouvernemental s’apparente davantage à une « déclaration d’intentions », construite autour d’un discours jugé classique et marqué, selon la députée, par le report et l’attentisme. Rim Chabat a ainsi ironisé sur l’usage récurrent de formulations comme « nous chercherons à », « nous travaillerons à », « nous mettrons en place » ou encore « nous consacrerons ».
S’adressant directement à Fatima Ezzahra El Mansouri, elle a lancé : « Nous vous remercions, Madame la cheffe du gouvernement, pour votre remarquable réussite dans le diagnostic et l’annonce des intentions, en attendant leur concrétisation sur le terrain. »
La députée a ensuite déplacé son attaque vers la composition même du gouvernement, en contestant frontalement l’idée de « la bonne personne à la bonne place ». « Permettez-moi, Madame la cheffe du gouvernement, mais vous n’avez pas mis la bonne personne à la bonne place. Prenons l’exemple du secteur de l’Équipement et de l’Eau », a-t-elle déclaré en visant directement Nizar Baraka, titulaire du portefeuille.
Rim Chabat a notamment évoqué les coupures d’eau qu’aurait connues la région Fès-Meknès durant l’été. Elle a affirmé que certains quartiers de Fès avaient connu des interruptions dépassant parfois six heures, en insistant sur le fait qu’elle parlait de la ville qu’elle connaît directement. Selon elle, certaines zones urbaines de Fès dépendent encore de citernes pour leur approvisionnement en eau.
La députée a raconté le cas d’une famille où une femme doit attendre le retour de son mari du travail pour pouvoir se procurer de l’eau potable, avant d’ajouter que les difficultés s’aggraveraient lorsque les conditions météorologiques empêchent l’approvisionnement par citerne.
Rim Chabat a également critiqué l’état de certaines infrastructures routières. Elle a évoqué des travaux qu’elle juge récurrents sur les autoroutes et dénoncé une fragilité persistante de certaines infrastructures. Elle a aussi pointé les retards enregistrés, selon elle, dans le transport ferroviaire, interpellant la cheffe du gouvernement sur la durée de ces dysfonctionnements. Ses propos ont suscité des réactions dans l’hémicycle, certains députés contestant ses affirmations.
Face aux interruptions, Rim Chabat s’est tournée vers le président de la Chambre des représentants, Ahmed Touizi, pour lui demander de garantir son temps de parole, avant de lancer : « Je ne comprends pas pourquoi la vérité vous dérange. » Elle a ensuite poursuivi ses critiques contre Nizar Baraka en posant une question plus générale sur la reconduction de plusieurs figures gouvernementales. « Pourquoi retrouve-t-on presque les mêmes visages au gouvernement ? Les partis ne comptent-ils pas d’autres membres ? », a-t-elle demandé.
L’intervention de Rim Chabat a ainsi combiné deux angles de critique : celui du manque de précision du programme gouvernemental et celui du choix des profils ministériels, avec une attaque particulièrement appuyée contre le ministre de l’Équipement et de l’Eau.






