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Chambre des représentants : Ouahbi menace de quitter la séance après un échange avec Haykar

Le débat sur le projet de loi relatif à l’enrichissement illicite et aux garanties du procès équitable a tourné à l’affrontement verbal, ce lundi, lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants. Il a opposé Abdessamad Haykar, député du Parti de la justice et du développement (PJD), et Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice. Le qualificatif de « pitoyable » employé par M. Haykar pour décrire le discours du gouvernement a provoqué la colère du ministre, qui a menacé de quitter la séance pour protester contre ce qu’il a jugé être un manquement aux règles de respect au sein de l’institution législative.
L’altercation a débuté lorsque M. Haykar a critiqué la manière dont le ministre de la Justice aborde la question des garanties du procès équitable. Il s’est demandé pourquoi ces garanties étaient invoquées avec une telle insistance dès lors qu’il s’agit du projet de loi sur l’enrichissement illicite, alors que le même souci est absent d’autres débats législatifs. À ses yeux, le discours tenu par M. Ouahbi à ce sujet n’apporte pas de réponses convaincantes aux problèmes soulevés.
Le député du PJD a par ailleurs rattaché ses critiques à la polémique qui avait accompagné le retrait du projet de loi sur l’enrichissement illicite durant la précédente législature. Selon lui, le ministre de la Justice reste tenu d’expliquer les raisons de l’enlisement de ce chantier. Il lui a reproché de recourir à un discours populiste plutôt que de s’expliquer sur le sort du texte.
Le qualificatif employé par M. Haykar a suscité une réaction courroucée de M. Ouahbi, pour qui le terme « pitoyable » dépasse les limites du désaccord politique et législatif. Le ministre a menacé de se retirer de la séance, tout en soulignant que son respect pour le groupe du PJD ne signifie pas qu’il accepte que les règles de bienséance soient transgressées lorsqu’on s’adresse à lui.
Le ministre de la Justice a insisté sur le fait que le débat au sein de l’institution parlementaire doit rester placé sous le signe du respect mutuel et du sens des responsabilités, malgré les divergences de positions et d’appréciations, en allusion au ton choisi par le député pour formuler ses critiques.
Face à la montée des tensions entre les deux parties, Abdallah Bouanou, président du groupe parlementaire du PJD, est intervenu par un rappel au règlement. Il a demandé au président de séance d’intervenir et de faire retirer l’expression « discours pitoyable » employée par son collègue Haykar, dans le but de désamorcer le différend et de ramener le débat dans son cadre institutionnel.

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