Alors que les appels à des mesures directes contre la hausse des prix à la pompe se multiplient, le gouvernement ferme la porte, pour l’instant, à un plafonnement des marges des distributeurs de carburants. À ses yeux, une telle mesure ramènerait le pays au système de compensation, avec le poids que cela représenterait pour les finances publiques.
Le ministre porte-parole du gouvernement, Samir Belfkih, a été clair : cette option n’est pas à l’ordre du jour. Revenir à un plafonnement équivaudrait, selon l’exécutif, à rétablir la compensation, dont la facture pourrait avoisiner les 70 milliards de dirhams. Il s’exprimait ce jeudi 5 novembre 2026, lors du point de presse hebdomadaire qui a suivi le Conseil de gouvernement.
Pour justifier ce refus, il a mis en avant les risques pour les équilibres généraux de l’État, alors que les dépenses liées aux mesures sociales ne cessent de croître.
M. Belfkih a par ailleurs rappelé l’effort consenti en faveur du pouvoir d’achat : 62 milliards de dirhams sont prévus à ce titre dans le projet de loi de finances 2027, une enveloppe qui, a-t-il souligné, témoigne des moyens mobilisés par le gouvernement pour accompagner la situation sociale et économique.
Sur les propositions visant à abaisser la TVA ou la taxe intérieure de consommation (TIC) sur les carburants, le porte-parole a indiqué que ces pistes restent sur la table et peuvent être discutées. Le plafonnement des marges, lui, est écarté pour le moment, en raison de son coût et de ses effets possibles sur les comptes publics.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur l’efficacité des mesures gouvernementales face à la flambée des carburants a repris de plus belle. La hausse pèse directement sur les coûts de transport et de production, et finit par se répercuter sur les prix des produits de consommation.
Le gouvernement assure que protéger le pouvoir d’achat exige de mobiliser des crédits importants. Reste que la discussion demeure ouverte sur les alternatives fiscales et réglementaires, et sur leur capacité à soulager les consommateurs sans alourdir la facture du budget de l’État au point d’en fragiliser les équilibres.
Belfkih : le plafonnement des marges sur les carburants « n’est pas à l’ordre du jour »






