Les marchés mondiaux ont entamé la journée de ce mercredi 13 mai 2026 dans une atmosphère de relative prudence, marquée par un léger reflux des cours du brut après trois séances de hausses spectaculaires. À Londres, le baril de Brent a reculé de 1,35 % pour s’établir à 106,33 dollars, tandis que le WTI américain suivait une courbe similaire, repassant juste au-dessus des 100 dollars. Ce repli technique ne saurait pourtant masquer la réalité d’un marché sous haute tension : depuis le déclenchement du conflit armé contre l’Iran en février dernier, les cours gravitent à des sommets historiques, portés par le blocus du détroit d’Ormuz où transite un cinquième des approvisionnements mondiaux en hydrocarbures.
L’attention des investisseurs se déplace désormais vers le terrain diplomatique, avec l’ouverture imminente d’un sommet décisif entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin. Alors que le président américain affirme pouvoir se passer de l’intermédiation chinoise pour clore le dossier iranien, la Chine demeure le premier client de Téhéran, rendant sa position incontournable pour la stabilité de l’échiquier énergétique. Les enjeux de cette rencontre, prévue jeudi et vendredi, dépassent le simple cadre bilatéral : il s’agit de définir l’avenir du commerce mondial dans un contexte où les pertes d’approvisionnement cumulées dépassent déjà le milliard de barils, ancrant durablement les prix de l’énergie dans une zone de haute volatilité.
En interne, l’économie américaine commence à montrer des signes de fatigue sous le poids de ce choc pétrolier. L’accélération de l’inflation en avril, portée par la flambée des prix à la pompe, laisse présager un maintien des taux d’intérêt à des niveaux élevés par la Réserve fédérale, dont le conseil des gouverneurs vient d’être renforcé par la nomination de Kevin Warsh. Parallèlement, l’or confirme son statut de valeur refuge, se stabilisant autour des 4 712 dollars l’once, signe que l’incertitude demeure la seule constante. Entre les velléités de protectionnisme monétaire en Inde et les appels de Washington pour une réouverture internationale du détroit d’Ormuz, le sommet de Pékin apparaît comme l’ultime levier pour éviter une récession mondiale coordonnée.






