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Rabat: Benkirane assène un réquisitoire contre la majorité et alerte sur les fractures sociales

Devant une salle comble au théâtre Mohammed V de Rabat, le secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement (PJD), Abdelilah Benkirane, a livré une attaque en règle contre le gouvernement d’Aziz Akhannouch. Fustigeant une alliance à ses yeux dénuée d’« intégrité et de compétence », l’ancien chef de l’exécutif a attribué à la majorité actuelle la responsabilité du climat d’injustice et de corruption, mettant en garde contre le risque de basculement vers des tensions sociales incontrôlables.

Colère de la jeunesse et dénonciation du mélange des genres

Revenant sur les contestations portées par la « Génération Z », Benkirane a affirmé que l’obstruction des canaux démocratiques pousse irrémédiablement la population à exprimer son ras-le-bol dans la rue. Prenant la défense de cette jeunesse, il a estimé que le pays a frôlé de peu l’escalade, illustrant selon lui l’échec des réponses institutionnelles face aux attentes citoyennes.

Le patron de la lampe s’en est ensuite pris frontalement au chef du gouvernement, réactivant les accusations de conflit d’intérêts sur le marché des carburants et la gestion des grands projets d’infrastructures. Évoquant les débats parlementaires sur les surprofits pétroliers ainsi que le dossier de la station de dessalement d’eau de mer, il a dénoncé une stratégie d’accaparement des ressources publiques au profit d’intérêts privés et d’appareils d’influence.

Fractions au sein du pouvoir et constance idéologique

  • Pointant du doigt les récentes querelles intestines et l’absentéisme au sein de la coalition gouvernementale, Benkirane a dépeint un exécutif en décomposition interne. Selon lui, c’est précisément l’usure prématurée de la majorité qui réinstalle le PJD au centre de la scène politique, balayant les prédictions d’effacement post-2016.

    Sur le plan diplomatique, le leader islamiste a enfin réaffirmé la position ferme de sa formation contre la normalisation avec Israël. Tout en établissant une distinction claire entre les impératifs d’État — dont il laisse la pleine appréciation aux institutions royales — et la doctrine de son parti, il a réitéré le refus catégorique du PJD d’avaliser ou de participer à toute initiative de rapprochement.

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