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Une entreprise israélienne mise sur le Maroc pour sauver sa filière agrumicole

Un rapport économique israélien révèle que l’un des principaux producteurs d’agrumes de l’État hébreu a choisi le Maroc pour développer plusieurs centaines d’hectares de cultures agricoles, dans le cadre d’une stratégie visant à réduire les pertes subies par le secteur agricole israélien en raison des conflits régionaux, de la hausse des coûts de production et de l’intensification des campagnes de boycott sur certains marchés européens.

Selon le quotidien économique israélien Calcalist, la société Mehadrin a conclu en 2025 des accords portant sur l’exploitation et la culture d’environ 5 000 dunams, soit près de 500 hectares, au Maroc.

L’entreprise considère que le Royaume présente plusieurs avantages compétitifs, notamment des coûts de main-d’œuvre et d’approvisionnement en eau plus faibles, ainsi qu’un accès privilégié aux marchés européens. Le rapport souligne également que cette implantation permettrait de réduire l’exposition aux campagnes de boycott visant certains produits israéliens.

Cette décision intervient alors que les données officielles israéliennes font état d’un recul significatif des exportations d’agrumes, alimentant les inquiétudes quant à l’avenir d’un secteur historiquement emblématique de l’économie israélienne.

Le journal explique que la production agricole au Maroc permettrait notamment d’éviter les répercussions des conflits régionaux ainsi que l’impact de l’appréciation du shekel. Il met également en avant la compétitivité des coûts de production marocains et la proximité du marché européen.

Selon le rapport, le secteur israélien des agrumes est confronté depuis plusieurs années à une accumulation de difficultés, aggravées depuis le déclenchement de la guerre en octobre 2023. Parmi ces défis figurent la hausse des coûts du transport maritime, les perturbations des routes commerciales internationales, l’augmentation du prix des intrants agricoles ainsi que les fluctuations monétaires affectant la compétitivité des exportations.

Le document souligne également que la concurrence croissante de plusieurs pays méditerranéens, notamment le Maroc et l’Égypte, exerce une pression accrue sur les producteurs israéliens, particulièrement sur le marché européen qui demeure leur principale destination d’exportation.

Les chiffres cités montrent que les exportations israéliennes d’agrumes transportées par voie maritime ont chuté d’environ 50 % entre 2017 et 2024, passant de 194 000 tonnes à seulement 95 000 tonnes. Leur valeur est également passée de 843 millions de shekels à 477 millions de shekels durant la même période.

Le rapport indique en outre que l’Union européenne, principal débouché des agrumes israéliens, a réduit ses importations en provenance d’Israël au cours des dernières années, dans un contexte marqué par le développement de campagnes de boycott liées à la guerre à Gaza.

Pour justifier son expansion à l’étranger, Mehadrin explique que ses investissements au Maroc s’inscrivent dans une stratégie de diversification des risques liés à la production agricole nationale et de réduction de sa dépendance aux contraintes locales, qu’elles soient climatiques, économiques ou sécuritaires.

Cette stratégie ne se limite pas au Maroc. Le rapport précise qu’en 2025, l’entreprise a également acquis une exploitation d’avocats au Pérou, dans le cadre d’un plan plus large visant à répartir sa production entre plusieurs zones géographiques.

Selon le journal israélien, ces choix illustrent l’ampleur des difficultés auxquelles est confrontée la filière agrumicole israélienne. Malgré un chiffre d’affaires de 121 millions de shekels au premier trimestre 2026, l’activité agrumicole de Mehadrin a enregistré une perte de 2,6 millions de shekels.

L’entreprise a également procédé en 2025 à la fermeture de plus de 6 000 dunams de vergers jugés non rentables, une mesure qui devrait lui permettre d’économiser près de 17 millions de shekels par an.

Le rapport conclut que ces évolutions traduisent une tendance croissante des grands producteurs israéliens à rechercher des alternatives de production en dehors d’Israël afin de préserver leur compétitivité sur les marchés internationaux, le Maroc figurant désormais parmi les destinations privilégiées dans cette stratégie d’expansion agricole.

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