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La Coalition de la gauche critique l’adhésion de Lekjaa au PAM et dénonce une « dérive électorale »

L’adhésion du ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lekjaa, au Parti Authenticité et Modernité (PAM), a dominé les débats de la rencontre populaire organisée par la Coalition de la gauche, samedi 25 juillet 2026, au théâtre L’Hermitage de Casablanca. Placé sous le slogan « L’espoir d’un avenir », cet événement était consacré à la présentation des têtes de liste de l’alliance en vue des prochaines élections législatives.

À cette occasion, le secrétaire général de la Fédération de la gauche démocratique, Abdessalam El Aziz, a estimé que les élections législatives prévues le 23 septembre prochain auraient dû constituer un espace de confrontation entre des programmes et des projets politiques, plutôt qu’un débat centré sur les personnalités et les ralliements partisans.

« Les Marocains devraient choisir entre des programmes et non se focaliser sur les noms. Pourtant, certains semblent avoir déjà désigné le futur chef du gouvernement avant même la tenue du scrutin. Cette situation traduit une dérive persistante qui soulève de nombreuses interrogations », a-t-il déclaré.

De son côté, le secrétaire général du Parti socialiste unifié, Jamal El Asri, a dénoncé ce qu’il considère comme une confiscation de la vie politique par une élite restreinte. Commentant l’adhésion de Fouzi Lekjaa au PAM, il a affirmé : « Nous sommes désormais face à un parti qui rejoint une personnalité, et non l’inverse. »

Le dirigeant du PSU a également vivement critiqué le bilan du gouvernement, qu’il a qualifié de « gouvernement des reculs » en matière de droits et d’acquis sociaux. Il a notamment évoqué les tensions ayant marqué le secteur de l’éducation, les mouvements de protestation des médecins ainsi que la grève des avocats, qui, selon lui, s’est prolongée durant plus de soixante-dix jours.

Jamal El Asri a par ailleurs dénoncé ce qu’il a qualifié de « blocus médiatique » visant les composantes de la Coalition de la gauche. Il a indiqué avoir sollicité, pendant trois ans, un accès aux médias publics sans obtenir de réponse favorable, précisant qu’Abdessalam El Aziz n’y est intervenu qu’à deux reprises durant cette période.

Selon lui, cette situation s’explique par l’existence de « lignes rouges » empêchant tout débat sur des sujets tels que la monarchie parlementaire, la réforme constitutionnelle, la normalisation ou encore la nature du pouvoir.

Présentant les grandes lignes du programme électoral de la coalition, Abdessalam El Aziz a affirmé que son alliance ne formulait pas de simples promesses électorales, mais proposait un projet global reposant sur des sources de financement clairement identifiées et structuré autour de six axes majeurs.

Le programme prévoit notamment de reconnaître les services essentiels – eau, électricité, santé, éducation, accès au numérique et logement – comme des droits sociaux ne devant pas être soumis aux seules règles du marché. Il préconise également le renforcement de la souveraineté énergétique, l’adoption d’une planification démocratique et la réaffirmation du rôle stratégique de l’État dans l’orientation des investissements vers les secteurs productifs.

Le projet comprend en outre une réforme fiscale fondée sur la justice sociale et une contribution proportionnelle au niveau de richesse, ainsi que le renforcement de l’égalité effective entre les femmes et les hommes. Il prévoit également une réforme du Code de la famille, notamment concernant le système de l’agnation successorale (taâssib), ainsi qu’un soutien accru à la participation des femmes dans la vie économique et sociale.

Selon Abdessalam El Aziz, le programme ambitionne également d’assurer une transition écologique juste, de préserver les ressources naturelles et de consolider l’économie nationale. « Ce que la politique a produit ne peut être transformé que par l’action politique », a-t-il affirmé, estimant qu’une réforme institutionnelle est devenue indispensable pour garantir la stabilité du pays et répondre aux attentes des citoyens.

Sur le plan institutionnel, Jamal El Asri a soutenu qu’aucune réforme sociale, économique ou même sportive ne saurait aboutir sans une profonde réforme politique et constitutionnelle. Selon lui, l’instauration d’une monarchie parlementaire constitue la condition essentielle à l’édification d’un État démocratique fondé sur l’égalité et la justice sociale.

La Coalition de la gauche a également appelé au renforcement de la souveraineté populaire, à la libération des personnes détenues qu’elle considère comme des prisonniers d’opinion et a dénoncé la poursuite des restrictions aux libertés publiques.

À ce propos, Jamal El Asri est revenu sur la signature, par plusieurs partis ayant participé au gouvernement de Saâd Dine El Othmani, du communiqué connu sous le nom de « communiqué de la trahison ». Il a estimé que les excuses présentées par certains responsables politiques constituaient « un pas positif, mais insuffisant », appelant à la libération des personnes concernées.

En clôture de la rencontre, la Coalition de la gauche a dénoncé ce qu’elle qualifie de radiations de plusieurs de ses dirigeants et jeunes militants des listes électorales, estimant que ces pratiques portent atteinte à l’intégrité du processus électoral.

Elle a, par ailleurs, réitéré sa demande de création d’une commission nationale indépendante chargée de superviser les élections, en lieu et place du ministère de l’Intérieur, qu’elle juge inadapté à cette mission. Enfin, l’alliance a appelé à garantir aux Marocains résidant à l’étranger le plein exercice de leur droit de vote.

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