La scène politique tunisienne connaît une montée des tensions autour de la situation intérieure, après l’appel lancé par l’ancien ministre Mohamed Abbou au président Kaïs Saïed pour qu’il démissionne, sur fond d’une absence d’environ dix jours de la vie publique ayant alimenté les spéculations et les interrogations sur son état de santé.
Dans une publication sur son compte Facebook, Abbou a vivement critiqué le président tunisien, estimant que le maintien du flou autour des raisons de son absence porte atteinte au principe de transparence et suscite des inquiétudes quant à la stabilité des institutions de l’État.
L’ancien ministre a affirmé que l’absence d’explications officielles à l’opinion publique, conjuguée à l’inexistence persistante d’une Cour constitutionnelle, pourrait engendrer des difficultés d’ordre constitutionnel en cas de vacance de la présidence de la République, quelle qu’en soit la raison. Une situation qui impose, selon lui, au chef de l’État d’assumer sa responsabilité politique.
Abbou a également souligné que, dans de nombreux pays, une absence prolongée du chef de l’État sans délégation de ses prérogatives ni explication officielle est considérée comme une question touchant à la sécurité nationale. Il estime que l’absence de communication officielle a favorisé la propagation des rumeurs et accentué le climat d’incertitude dans le pays.
De son côté, la présidence tunisienne a tenté de contenir la polémique en diffusant une vidéo montrant Kaïs Saïed effectuant une visite de terrain dans plusieurs institutions et infrastructures, dans ce qui apparaît comme une tentative de démentir les rumeurs circulant sur son état de santé.
Lors de cette apparition, le président tunisien a accusé des parties qu’il n’a pas nommées d’être à l’origine de perturbations ayant affecté certains services essentiels, notamment l’approvisionnement en eau et en électricité dans plusieurs régions.
Said n’a toutefois fourni aucune explication sur les raisons de son absence au cours des derniers jours, laissant ainsi persister les interrogations et le débat politique en Tunisie.






