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Sahara : la mission de la MINURSO pourrait être revue lors du Conseil de sécurité d’octobre

Les regards des parties concernées par le conflit du Sahara se tournent vers la prochaine réunion du Conseil de sécurité prévue fin octobre, consacrée à l’examen de ce dossier et au vote sur la prolongation – ou non – du mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Plusieurs signaux laissent entrevoir la possibilité de changements notables dans ce dossier.

Dans ce contexte, le Washington Institute, centre de réflexion américain, a publié mercredi un rapport mettant en lumière divers indices suggérant de profondes évolutions possibles dans le mandat de la MINURSO. Celles-ci pourraient orienter la mission onusienne d’un simple rôle de surveillance du cessez-le-feu vers une mission à caractère politique, destinée à appuyer le plan d’autonomie proposé par le Maroc.

Selon le rapport, le vote annuel de renouvellement du mandat de la MINURSO, fixé au 31 octobre, intervient dans un contexte particulier : pressions exercées sur les budgets des opérations de maintien de la paix, recompositions politiques rapides autour du dossier saharien, et approche de la célébration du cinquantième anniversaire de la Marche verte, qui replace la question du Sahara au centre de l’agenda international.

Le rapport rappelle que la MINURSO, créée en 1991 pour organiser un référendum d’autodétermination, a perdu sa vocation initiale en raison des différends persistants sur la liste des votants. L’option référendaire n’est d’ailleurs plus mentionnée dans les résolutions du Conseil de sécurité depuis près de deux décennies. Progressivement, la mission s’est vue réduite à un rôle de surveillance du cessez-le-feu, fonction jugée cruciale face aux tensions et accrochages ayant opposé le Maroc et le Polisario depuis 2020.

Cependant, poursuit le rapport, le renouvellement mécanique de ce mandat sans révision est de plus en plus critiqué. Certains acteurs estiment que la présence de la MINURSO symbolise aujourd’hui l’impasse diplomatique, tout en entraînant un élargissement de ses prérogatives sans justification claire.

Le think tank rappelle également que la reconnaissance, en 2020, par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara a changé la dynamique du conflit. Progressivement, les positions occidentales convergent vers l’acceptation du plan d’autonomie marocain comme solution réaliste. Ainsi, en 2024, le président français Emmanuel Macron affirmait que l’avenir du Sahara résidait dans la souveraineté marocaine, tandis que le Royaume-Uni qualifiait l’initiative de Rabat de « base la plus crédible » pour une solution. De son côté, en 2025, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a réitéré, lors de la visite de Nasser Bourita à Washington, l’appui de son pays à la souveraineté du Maroc.

Concernant la MINURSO, le rapport relève que la mission subit des pressions financières, en raison notamment des coupes opérées par Washington dans les budgets des opérations de maintien de la paix, se traduisant par une réduction de ses capacités opérationnelles et de ses effectifs.

L’Institut de Washington met en garde : les États-Unis pourraient exiger une réforme en profondeur de la mission, voire brandir la menace d’un veto pour empêcher son renouvellement si les modifications attendues ne sont pas introduites. Toutefois, le rapport souligne que le Maroc, bien qu’attaché à l’évolution du mandat de la mission vers un rôle politique, n’a jamais demandé son démantèlement, préférant coopérer avec elle.

Le document s’attarde aussi sur la position de l’Algérie qui, bien qu’elle continue de défendre le principe de l’autodétermination et de soutenir le Polisario, ne souhaite pas pour autant un vide sécuritaire dans la région en cas de fin de la mission onusienne. Alger se retrouve ainsi contrainte à une posture d’équilibre délicat.

Le rapport conclut que l’Algérie aborde la réunion prochaine du Conseil de sécurité en position de faiblesse, face au renforcement du soutien international au plan marocain et au fait qu’elle ne bénéficie plus de l’appui explicite d’aucun membre influent du Conseil, pas même de la Russie, qui se limite à des abstentions. Cette situation pourrait pousser Alger à assouplir sa position sur le dossier.

En outre, l’Institut propose plusieurs pistes de transition : la nomination d’un responsable américain dédié au dossier du Sahara, l’encouragement de Rabat à détailler davantage son projet d’autonomie, l’implication d’Alger dans les négociations et un renforcement de la coordination entre les États-Unis et la France afin de garantir l’adoption de toute révision du mandat de la MINURSO.

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