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Sahara, Ceuta et majorité : Lachgar muscle son discours en pleine campagne électorale

Driss Lachgar, premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), a estimé que le Maroc n’était plus très loin de franchir une nouvelle étape dans le dossier du Sahara, appelant à une « mobilisation collective » afin d’activer, au cours de cette année, le mécanisme prévu par la résolution 2797 du Conseil de sécurité et de parvenir à un règlement de ce qu’il a qualifié de « problème complexe ».

S’exprimant ce dimanche lors d’un meeting à Rabat, organisé dans le cadre de la campagne pour les élections législatives du 23 septembre, Lachgar a affirmé qu’« il ne reste plus beaucoup de chemin à parcourir », évoquant l’objectif d’inscrire la consolidation de la marocanité du Sahara dans le cadre onusien et africain.

« La question exige de nous une mobilisation collective, car bientôt nous nous rendrons au Sahara et l’inscrirons dans les registres des Nations unies et de l’Organisation de l’unité africaine. Il ne nous reste plus beaucoup à faire. Nous devons œuvrer à l’activation du mécanisme de la résolution 2797 du Conseil de sécurité au cours de cette année et mettre fin à ce problème complexe durant cette même année », a-t-il déclaré.

Le premier secrétaire de l’USFP a ajouté que la réalisation de cet objectif nécessitait, selon lui, de préserver les relations du Maroc avec plusieurs puissances internationales, citant en particulier l’Espagne, les États-Unis et l’Europe.

« Pour que cela se réalise, nous devons préserver nos relations privilégiées avec notre voisine espagnole, maintenir nos relations privilégiées avec les États-Unis, qui sont porte-plume au Conseil de sécurité ayant adopté cette résolution, et préserver nos relations privilégiées avec l’Europe ainsi qu’avec toutes les forces éprises de paix », a-t-il poursuivi.

Lachgar est ensuite revenu sur la position de son parti concernant les événements de Ceuta. Il a évoqué les critiques adressées à l’USFP après sa prise de position, estimant que des réactions officielles ultérieures avaient conforté la formation dans son analyse.

« Immédiatement après notre rencontre ici, certains nous ont attaqués et couverts d’insultes. Mais la reconnaissance est venue de l’État et du ministère marocain des Affaires étrangères à travers son communiqué clair et explicite », a-t-il affirmé.

« Que disent aujourd’hui tous ceux qui nous avaient accusés lorsque nous avions exprimé notre position ? Nous avions raison, car l’intérêt de notre pays a toujours été au cœur de nos préoccupations et son avenir nous importe », a ajouté le dirigeant socialiste.

Lachgar a également soutenu que son parti avait été parmi les premières formations politiques à prendre clairement position sur les événements de Ceuta, critiquant les tentatives visant, selon lui, à faire porter au Maroc la responsabilité de ce qui s’était produit.

Il a estimé que « la conduite du Roi, sa vigilance et sa compréhension des circonstances visant à piéger le Maroc », ainsi que les communiqués des ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères, avaient contribué, selon lui, à « rendre justice à l’USFP et à ses positions ».

Le premier secrétaire de l’USFP a par ailleurs poursuivi ses critiques à l’encontre des partis composant la majorité gouvernementale, s’interrogeant sur leur présence dans les grands dossiers nationaux et sur leur influence dans la vie politique.

« Où étaient les partis lorsque les événements de Ceuta se sont produits ? », s’est-il interrogé, avant d’ajouter que, sans le communiqué du ministère de l’Intérieur évoquant notamment les réseaux clandestins, l’exploitation politique de la migration irrégulière et l’instrumentalisation de jeunes Marocains, « nous nous serions retrouvés dans une situation difficile ».

Lachgar a affirmé que son parti avait fait le choix de « dire la vérité et de la proclamer ouvertement », estimant que cette position était dictée par son attachement au pays.

Poursuivant ses attaques contre les formations gouvernementales, il a déclaré : « Dans les deux cas, nous n’avons entendu aucune voix émanant des partis composant le gouvernement. Voulez-vous pour la patrie une politique nationale, régionale, locale ou provinciale ? Dans les communes, ils sont aux premières loges ; dans les provinces et les régions aussi, et lors des élections législatives, ils remportent des sièges. Mais où est leur influence sur la vie politique ? »

Pour le dirigeant de l’USFP, l’influence politique se mesure notamment à la capacité des partis à se positionner sur les questions qui touchent directement le quotidien des citoyens.

« L’influence dans la vie politique et le courage de dire la vérité doivent se manifester lorsqu’il est question du pain, de la santé et du chômage des citoyens », a-t-il lancé.

« Sur toutes ces questions, ils se terrent dans leurs trous. Que dire alors des causes nationales qui exigent que nous formions un seul front national face aux adversaires et aux ennemis ? », a conclu Lachgar.

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