Le calme est revenu ce dimanche au poste-frontière de Ceuta, après deux jours de tensions marqués par la plus importante vague de migration irrégulière vers l’enclave espagnole. Dans le même temps, les autorités marocaines et espagnoles ont maintenu un dispositif sécuritaire renforcé de part et d’autre de la frontière, tandis que le bilan humain s’est alourdi à 90 décès, les opérations de recherche des personnes disparues en mer se poursuivant.
Le passage frontalier a repris son fonctionnement normal pour les voyageurs, parallèlement à une baisse quasi totale des tentatives d’entrée irrégulière dans la ville, sous une forte présence des forces de sécurité et de l’armée espagnoles aux abords du poste-frontière et dans les quartiers limitrophes.
Le ministre espagnol de l’Intérieur a indiqué qu’environ 60 000 personnes avaient atteint Ceuta au plus fort de la crise, précisant que la majorité avait quitté la ville de son propre gré ou était retournée au Maroc, tandis que les opérations de retour se poursuivent à un rythme plus modéré.
Dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité, les autorités espagnoles ont entamé l’installation d’une barrière maritime flottante de 500 mètres au large de la zone de Tarajal afin de limiter les traversées à la nage. De leur côté, les autorités marocaines ont instauré un important dispositif de sécurité le long du littoral de Fnideq, avec la mise en place de barrières sur le front de mer pour empêcher toute nouvelle tentative de migration irrégulière.
La tragédie humaine continue toutefois de marquer la région. Les familles des personnes disparues poursuivent leurs recherches, tandis que les autorités ont commencé à effacer les traces des dégradations causées par les événements. Les funérailles de plusieurs victimes ont été organisées à Tétouan, alors que les dépouilles d’autres victimes ont été transférées vers leurs villes d’origine. À Ceuta, une manifestation réunissant plusieurs habitants s’est tenue pour dénoncer les violences et les actes racistes ayant visé des migrants durant la crise, sur fond de poursuite du débat politique en Espagne quant à la gestion de ces événements.






