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Presse : l’État met fin au paiement direct des salaires des journalistes dès octobre

Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication s’apprête à mettre fin, à compter du mois d’octobre, au soutien public directement affecté aux salaires des journalistes et des employés des entreprises de presse. Cette décision doit mettre un terme au mécanisme exceptionnel instauré en 2020, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, lorsque l’État avait commencé à contribuer au paiement des rémunérations dans les entreprises médiatiques fragilisées.

Le nouveau dispositif devrait désormais privilégier un soutien directement accordé aux entreprises de presse répondant à des critères précis de structuration, de conformité juridique, fiscale et sociale. Cette orientation a également été confirmée par Driss Chahtane, président de l’Association nationale des médias et des éditeurs, lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation tenue à Casablanca.

Selon lui, le gouvernement cessera de prendre directement en charge les salaires des journalistes, des autres professionnels des rédactions et des employés du secteur, mettant ainsi fin à un régime exceptionnel maintenu jusqu’au mois de septembre dernier. Le nouveau modèle de soutien public reposera sur le financement des entreprises de presse structurées, à condition qu’elles respectent leurs obligations vis-à-vis de l’administration fiscale et des organismes sociaux.

Les entreprises bénéficiaires devront également garantir les droits professionnels et matériels de leurs salariés et renforcer leurs modes de gestion ainsi que leur modèle économique. Driss Chahtane a par ailleurs livré un chiffre révélateur sur la situation du secteur.

Lors des dernières élections des représentants des entreprises de presse au Conseil national de la presse, seules 59 entreprises sur un total de 379 auraient rempli l’ensemble des conditions nécessaires pour participer au scrutin. Certaines structures n’auraient toutefois pas été écartées pour des manquements majeurs, mais simplement en raison de l’absence d’un ou deux documents dans leur dossier.

Le président de l’association a indiqué qu’un accompagnement serait mis en place afin d’aider ces entreprises à régulariser leur situation et à satisfaire aux exigences légales et organisationnelles. Il a également appelé à mettre fin à ce qu’il qualifie de fonctionnement « anarchique » dans le secteur de la presse et de l’édition.

Selon lui, la profession doit désormais passer par une meilleure structuration des entreprises, le respect des règles encadrant le métier et la consolidation des modèles économiques, afin de préserver à la fois la pérennité des médias et les emplois. Sur le plan financier, les données présentées lors de l’assemblée générale font état d’une enveloppe de 247 millions de dirhams prévue dans le projet de loi de finances pour soutenir les entreprises de presse.

Cette enveloppe doit accompagner la transition vers un nouveau mode de financement, davantage centré sur les entreprises remplissant les conditions requises. Pour l’Association nationale des médias et des éditeurs, l’objectif du soutien public reste d’aider les entreprises de presse à développer leur activité et à consolider leur stabilité économique, tout en préservant les droits professionnels et sociaux des journalistes et des autres salariés.

La fin du paiement direct des salaires marque toutefois un tournant important pour le secteur, après plusieurs années durant lesquelles l’État a contribué directement à soutenir les rémunérations, les entreprises de presse devront désormais assumer davantage leur masse salariale et démontrer leur capacité à fonctionner dans un cadre économique, fiscal et social régulier.

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