Azzedine El Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, a affirmé que le système des horaires aménagés a contribué à réduire la surcharge dans les établissements universitaires de 25 à 30 %.
S’exprimant lundi lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le ministre a précisé que les étudiants exerçant une activité professionnelle, notamment les fonctionnaires et les salariés, représentent dans certains établissements jusqu’à 40 % de l’ensemble des effectifs.
Selon El Midaoui, l’enseignement supérieur marocain reste confronté à plusieurs difficultés structurelles, parmi lesquelles la pression pédagogique, administrative et financière, la faiblesse du rendement interne et externe de certaines formations ainsi que le manque d’adaptation de plusieurs filières aux priorités nationales, régionales et internationales.
Le ministre a également mis en avant le coût financier lié au retard dans l’obtention des diplômes. D’après les chiffres qu’il a présentés, le coût de formation des étudiants qui accusent deux années de retard dans leur parcours atteindrait près de 400 millions de dirhams, contre 128 millions pour ceux qui achèvent leurs études dans les délais normaux.
Pour El Midaoui, ces données illustrent le poids financier de l’allongement des cursus et la nécessité de revoir l’organisation des établissements universitaires ainsi que leurs méthodes de gestion. Le ministre estime que la taille de certaines facultés, la diversité des spécialités qu’elles regroupent et la hausse continue des effectifs imposent une restructuration plus profonde.
Parmi les réformes envisagées figure la division de plusieurs grandes facultés, notamment celles de sciences juridiques, économiques et sociales ainsi que les facultés des lettres et des sciences humaines. Certaines de ces structures pourraient être divisées en deux entités, tandis que les facultés polydisciplinaires pourraient être réorganisées en quatre ou cinq composantes distinctes.
L’objectif affiché est d’améliorer la gouvernance, de faciliter la gestion administrative et de renforcer la cohérence entre les différentes spécialités. El Midaoui a également évoqué une évolution progressive du modèle d’accès à l’université.
Le ministère envisage ainsi de passer progressivement d’un système largement fondé sur l’accès ouvert à une logique plus encadrée et sélective, parallèlement à une revalorisation des établissements universitaires et de la qualité des formations proposées.
Sur le plan de la gouvernance, le ministre a indiqué que la nouvelle loi relative à l’enseignement supérieur revoit le fonctionnement des conseils de gestion des universités et de leurs établissements. De nouveaux mécanismes de coordination et de pilotage doivent être introduits afin d’améliorer le suivi des politiques publiques universitaires.
Le futur conseil des trustees, ou conseil d’administration stratégique, devrait notamment contribuer à assurer la continuité des politiques publiques, suivre les stratégies mises en œuvre et évaluer leurs résultats. Le texte prévoit également de permettre aux établissements d’enseignement supérieur de créer des pôles universitaires.
Ils pourraient en outre constituer des sociétés anonymes de gestion afin d’offrir davantage de souplesse dans le fonctionnement, d’accélérer l’innovation et de mieux répondre aux besoins évolutifs du système universitaire.
À travers ces réformes, le ministère cherche donc à réduire la pression sur les établissements, améliorer leur gouvernance et rapprocher davantage les formations des besoins du marché du travail, tout en s’appuyant sur les horaires aménagés comme outil de désengorgement pour les étudiants exerçant déjà une activité professionnelle.






