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Oujjar : le nomadisme politique à la veille des élections pose un problème éthique

Mohamed Oujjar, membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI), a estimé que le nomadisme politique à la veille des échéances électorales soulevait un problème éthique et portait atteinte à l’essence même de la pratique démocratique. Selon lui, tout élu est tenu de revenir devant les citoyens qui lui ont accordé leur confiance afin de rendre compte de sa gestion, plutôt que de changer d’appartenance politique à l’approche des élections.

Invité de l’émission « Saâat Assaraha » sur 2M, Oujjar a expliqué que l’expérience démocratique marocaine, sous la conduite du roi Mohammed VI, repose sur un ensemble de valeurs et de principes éthiques, ainsi que sur un cadre juridique et politique structurant, au cœur duquel figure le respect des élections en tant que contrat politique et social avec les électeurs.

Il a souligné qu’un responsable élu, qu’il soit à la tête d’une région, d’une commune ou qu’il exerce toute autre fonction représentative, doit faire preuve de courage politique en retournant devant les citoyens qui lui ont accordé leur confiance pour rendre compte de son mandat, au lieu de rejoindre un autre parti à l’approche du scrutin.

Le membre du bureau politique du RNI a précisé que la question ne concernait pas la liberté individuelle de changer d’appartenance partisane. « C’est une liberté constitutionnelle », a-t-il affirmé, estimant toutefois qu’il incombe aux partis politiques de préserver la pratique politique contre des opérations de recrutement électoral susceptibles de vider de sa substance le contrat passé avec les électeurs.

Selon lui, le passage d’un député ou d’un président de région, élu sous les couleurs d’un parti, vers une autre formation peu avant les élections soulève une interrogation éthique en matière de responsabilité et de reddition des comptes. Il s’est notamment interrogé sur l’acteur qui, dans une telle situation, devrait rendre compte aux électeurs des engagements sur la base desquels ils avaient accordé leur vote.

Répondant à la comparaison entre le nomadisme politique et l’arrivée au RNI de profils issus d’autres expériences partisanes, Oujjar a assuré que son parti faisait une distinction entre un changement d’étiquette à la veille des élections et l’adhésion, plusieurs années avant le scrutin, de personnalités qui intègrent ses structures, travaillent au sein de ses instances et y démontrent leurs compétences.

Il a cité à cet égard le cas du président du parti, Mohamed Chouki, précisant que celui-ci avait rejoint le RNI plusieurs années avant l’échéance électorale, à une période où il n’exerçait aucune responsabilité élective, avant de s’investir dans les structures du parti et d’y faire valoir ses compétences.

Oujjar a par ailleurs affirmé que le RNI était « une institution qui fonctionne de manière régulière » et n’attendait pas les derniers instants pour chercher des candidats. Il a ajouté que le parti préparait depuis plusieurs années l’étape de la reddition des comptes devant les citoyens, en revenant vers eux avec le bilan des engagements sur la base desquels ils lui avaient accordé leur confiance.

Il a conclu que l’essence du processus électoral résidait dans la préservation du contrat entre l’élu et l’électeur. Tout en rappelant que la liberté de changer d’appartenance politique demeure garantie, il a estimé que son utilisation à la veille des élections d’une manière portant atteinte à ce contrat était susceptible de « fausser les règles démocratiques ».

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