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Depuis Casablanca…Lekjaa défend le programme du PAM et appelle à « corriger le cap » (video)

Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du Parti Authenticité et Modernité (PAM) et ministre délégué chargé du Budget, a choisi le premier jour de la campagne électorale pour répondre aux accusations établissant un lien entre ses responsabilités gouvernementales et le dossier du soutien accordé aux importateurs de moutons. Il a ensuite défendu le programme électoral de son parti face aux critiques portant notamment sur les conditions de son élaboration.

S’exprimant ce jeudi 10 septembre 2026 lors d’une rencontre partisane organisée dans la circonscription d’Anfa, à Casablanca, à l’occasion du lancement de la campagne pour le scrutin du 23 septembre, Lekjaa a abordé plusieurs dossiers liés au pouvoir d’achat, à l’éducation, à la santé et à la jeunesse. Il a estimé que les Marocains attendaient désormais des solutions concrètes à leurs difficultés quotidiennes plutôt qu’un diagnostic répété des problèmes auxquels ils sont confrontés.

Revenant sur les accusations liées à ce qui a été médiatiquement qualifié d’affaire des « profiteurs des moutons », Lekjaa a rappelé que la loi de finances est soumise à l’approbation de l’institution législative avant sa publication au Bulletin officiel. Il a ainsi rejeté toute tentative de faire porter au ministre délégué chargé du Budget la responsabilité des marchés lancés par les différents départements gouvernementaux.

Le responsable a qualifié ces accusations de « mensonges », allant jusqu’à déclarer : « Que la malédiction de Dieu soit sur les menteurs, en particulier ceux qui prétendent être pieux ». Il s’est également interrogé sur le fondement permettant d’attribuer au département du Budget la responsabilité de marchés relevant d’autres secteurs gouvernementaux.

Concernant les crédits consacrés à l’importation de moutons, Lekjaa a expliqué que l’objectif était d’approvisionner le marché en cheptel afin de permettre aux Marocains d’acheter des animaux à des prix abordables à l’occasion de l’Aïd Al-Adha. Il a toutefois reconnu que l’opération n’avait pas produit les résultats escomptés.

Dans ce contexte, il a affirmé que lorsque les objectifs fixés ne sont pas atteints, il convient de « corriger, réformer et changer le cap », estimant que la gestion publique doit pouvoir être révisée chaque fois que les résultats en démontrent la nécessité.

Lekjaa s’est ensuite attaché à défendre le programme électoral du PAM, regrettant que certaines critiques se concentrent davantage sur le lieu où il aurait été préparé et sur les références au « salon » ou à la « cocotte-minute », plutôt que sur les propositions qu’il contient, leur coût et leur capacité à répondre aux difficultés rencontrées par les familles marocaines.

Le dirigeant du PAM a rejeté l’idée selon laquelle le programme de son parti aurait été élaboré dans la précipitation. Il a assuré que sa préparation avait nécessité plusieurs mois de travail, de réflexion et de discussions au sein de la formation politique, certaines propositions ayant même demandé davantage de temps avant d’aboutir à leur formulation définitive présentée aux électeurs.

Selon Lekjaa, l’expression « cocotte-minute » conviendrait davantage à certains cabinets d’études qui élaborent des documents standardisés susceptibles d’être proposés à différents pays en se contentant d’en modifier les noms. À l’inverse, a-t-il soutenu, le programme du PAM résulte d’un travail centré sur des problématiques directement liées à la réalité marocaine.

Il a également estimé que le rôle des acteurs politiques ne consiste plus à dresser une nouvelle fois le diagnostic des difficultés auxquelles sont confrontés les citoyens. Les Marocains, a-t-il souligné, connaissent déjà les défaillances de l’école, de l’hôpital et des services publics et souhaitent désormais savoir quelles solutions sont proposées, combien elles coûteront et comment elles seront mises en œuvre.

Sur le pouvoir d’achat, Lekjaa a expliqué que l’approche défendue par le PAM repose notamment sur l’allègement des charges qui pèsent sur les revenus des ménages, afin de permettre aux citoyens de conserver une part plus importante de leurs ressources pour couvrir leurs besoins.

Il a évoqué, dans ce cadre, les propositions relatives aux retraités, aux revenus et aux prix, invitant les détracteurs du programme électoral du PAM à avancer des alternatives susceptibles d’être débattues et mises en œuvre, plutôt que de se limiter à critiquer les mesures proposées.

Abordant la situation de l’école marocaine, Lekjaa a estimé que les indicateurs actuels imposaient une réforme profonde, soulignant qu’environ 300.000 jeunes quittent chaque année le système éducatif.

Il a considéré que l’avenir de ces jeunes devait placer l’éducation au cœur des priorités nationales, afin d’offrir aux nouvelles générations de meilleures perspectives en matière d’apprentissage et d’intégration sur le marché du travail.

Dans le domaine de la santé, Lekjaa a affirmé que la réforme ne pouvait se limiter à la construction d’établissements hospitaliers. Un hôpital, a-t-il insisté, doit également disposer de médecins et d’infirmiers bénéficiant de conditions professionnelles leur permettant d’assurer des soins de qualité. Il a notamment évoqué les cas de femmes décédées lors de l’accouchement pour souligner la nécessité d’améliorer la qualité de la prise en charge et des services hospitaliers.

Une partie de son intervention a également été consacrée à la jeunesse. Lekjaa a appelé à œuvrer pour restaurer la confiance des jeunes dans leur pays et à leur offrir les conditions nécessaires pour réussir, qu’il s’agisse d’accompagner ceux souhaitant investir et créer des auto-entreprises, des petites ou très petites entreprises, ou de soutenir ceux qui souhaitent apprendre un métier et développer leurs compétences.

Alors que les participants scandaient « Sir, Sir, Sir », Lekjaa a estimé que la jeunesse marocaine avait déjà démontré sa capacité à réussir dans le sport, l’innovation et de nombreux autres domaines. Selon lui, l’enjeu consiste désormais à créer les conditions permettant aux jeunes de transformer leurs compétences et leur potentiel en véritables opportunités de réussite au Maroc.

Enfin, le membre du bureau politique du PAM a précisé qu’il n’était pas lui-même candidat aux élections. Il a assuré que sa préoccupation portait avant tout sur l’avenir du pays et la situation des Marocains, reconnaissant que les réalisations enregistrées jusqu’à présent restaient en deçà des ambitions.

Lekjaa a ainsi appelé à corriger, réformer et changer le cap, avant d’inviter les électeurs à demander des comptes au PAM, à l’avenir, sur la base du programme électoral présenté. Une feuille de route qu’il a qualifiée de véritable contrat politique, comportant des engagements et des échéances sur lesquels le parti pourra être évalué.

 

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