Le Mouvement populaire a levé le voile sur les consultations menées avec Fatima Ezzahra El Mansouri dans le cadre de la formation du nouveau gouvernement. Après deux rounds de discussions qui n’ont débouché sur aucune proposition formelle d’entrée dans l’exécutif, le parti a confirmé son maintien dans l’opposition tout en livrant une lecture critique de négociations qu’il estime être restées au stade des « courtoisies et des généralités ».
Cette mise au point intervient à l’issue de la réunion du bureau politique tenue mercredi 14 octobre 2026 sous la présidence du secrétaire général Mohamed Ouzzine et en présence du président du parti Mohand Laenser. Une partie importante des échanges a été consacrée au bilan des contacts établis avec la cheffe du gouvernement désignée et au positionnement politique que le Mouvement populaire entend adopter durant la nouvelle législature.
Selon le communiqué du parti, Mohamed Ouzzine a présenté aux membres du bureau politique un compte rendu détaillé des deux rencontres avec El Mansouri avant l’ouverture d’un débat interne consacré à leur contenu et à leurs résultats. Le Mouvement populaire affirme avoir abordé ces consultations dans un esprit constructif avec une vision politique qu’il présente comme structurée autour des défis économiques, sociaux, territoriaux, identitaires et relatifs aux droits auxquels le Maroc devra répondre durant les prochaines années.
Le parti assure également avoir défendu la nécessité de rompre avec certaines méthodes de gestion ayant caractérisé le précédent mandat gouvernemental et de mettre en place un exécutif capable d’apporter des réponses plus efficaces aux attentes exprimées par la société.
Mais selon la version livrée par sa direction, les discussions avec El Mansouri n’auraient jamais atteint le stade d’une véritable négociation politique. Le parti estime que les échanges sont restés centrés sur des considérations générales sans déboucher sur une proposition susceptible de constituer une base de discussion pour une éventuelle participation à la majorité.
Le Mouvement populaire insiste ainsi sur un point qu’il considère comme essentiel : aucune offre d’intégration au futur gouvernement ne lui aurait été soumise par la cheffe du gouvernement désignée. Sa direction affirme parallèlement n’avoir réclamé ni portefeuilles ministériels ni postes au sein de la future majorité.
Cette clarification intervient après plusieurs jours de spéculations concernant une possible participation du parti à la nouvelle coalition. En dévoilant sa version des négociations, la formation dirigée par Mohamed Ouzzine cherche ainsi à couper court à l’idée selon laquelle son absence de la majorité résulterait d’un désaccord sur la répartition des ministères.
Pour la direction du parti, une participation gouvernementale ne saurait se résumer à l’attribution de responsabilités exécutives. Elle devrait reposer sur un accord politique préalable concernant les orientations, les priorités et le programme appelé à guider l’action du futur gouvernement.
Faute d’un tel accord, le Mouvement populaire affirme vouloir poursuivre son action depuis l’opposition, en revendiquant une « opposition nationale constructive » fondée sur le contrôle de l’action gouvernementale mais également sur la formulation d’alternatives économiques, sociales et politiques.
Le bureau politique a également profité de sa réunion pour répondre aux informations faisant état de tensions internes après l’exclusion du parti de la future majorité. La direction rejette ces affirmations et assure que ses structures demeurent unies autour de la décision de conserver leur indépendance politique.
Elle appelle également les différentes instances du parti à se mobiliser en prévision des prochaines échéances politiques et organisationnelles tout en dénonçant ce qu’elle considère comme des tentatives de présenter le Mouvement populaire comme fragilisé par l’issue des consultations gouvernementales.
Le bilan des élections législatives du 23 septembre a également été abordé. Si le parti relève une progression de sa représentation institutionnelle, il reconnaît que les résultats obtenus restent en deçà de ses ambitions et de la place qu’il estime devoir occuper dans le paysage politique national.
Une évaluation approfondie du scrutin a toutefois été reportée à la prochaine session ordinaire du Conseil national. Le parti entend y examiner non seulement ses performances électorales mais également sa stratégie et son positionnement dans la nouvelle configuration politique.
Sur les dossiers nationaux, le Mouvement populaire a réaffirmé son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie au Sahara sous souveraineté du Royaume et s’est félicité des avancées enregistrées par la diplomatie marocaine sur ce dossier.
La direction du parti s’est également arrêtée sur l’évolution des relations entre le Maroc et l’Espagne. Elle critique ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de certains dossiers marocains dans le débat électoral espagnol notamment les questions migratoires et la visite du roi Felipe VI à Sebta et Melilla.
Le parti appelle à préserver une relation bilatérale fondée sur le respect mutuel et les intérêts stratégiques des deux pays tout en évitant que les tensions politiques internes à l’Espagne ne se répercutent sur les rapports avec Rabat.
En dévoilant les coulisses de ses échanges avec El Mansouri, le Mouvement populaire cherche surtout à clarifier les conditions de son maintien dans l’opposition. Selon sa version, il ne s’agit ni d’un refus d’entrer au gouvernement après une proposition formelle ni d’un échec dans une bataille pour les portefeuilles ministériels. Le parti affirme simplement que les deux rounds de consultations n’ont produit ni offre gouvernementale ni accord politique susceptible de justifier son passage dans la majorité.






