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La CDT descend dans la rue pour réclamer des hausses de salaires et un véritable dialogue social

Casablanca s’apprête à devenir, ce dimanche 28 juin, le théâtre d’une importante démonstration de force syndicale et politique. À l’appel de la Confédération démocratique du travail (CDT), une marche nationale est prévue dès 10 heures au départ de la place du 20 Août, devant le siège de la centrale à Derb Omar, dans un contexte marqué par la montée des tensions sociales et la dégradation du pouvoir d’achat.

L’initiative bénéficie d’un soutien politique grandissant. L’Alliance de la gauche a annoncé son appui total à cette mobilisation, estimant qu’elle constitue une réponse à l’aggravation de la crise sociale et à l’absence de réponses gouvernementales face aux difficultés économiques auxquelles sont confrontés les ménages marocains.

Dans un communiqué, la coalition appelle ses militants ainsi que l’ensemble des citoyens à participer massivement à cette manifestation, dénonçant des politiques publiques qu’elle juge responsables de l’élargissement des inégalités sociales, de l’érosion des acquis sociaux et de la poursuite de la hausse des prix, dans un contexte marqué par la baisse continue du pouvoir d’achat.

Pour l’Alliance de la gauche, le maintien de cette situation fait peser le risque de nouvelles tensions sociales et rend indispensable l’ouverture d’un véritable chantier de réformes fondé sur davantage de justice sociale et de démocratie.

Au cœur des revendications figurent une augmentation générale et immédiate des salaires et des pensions adaptée au niveau de l’inflation, le rejet de toute réforme des retraites réalisée au détriment des salariés, le plafonnement des prix des carburants, la relance de la raffinerie Samir, la protection des libertés syndicales ainsi que la création d’emplois décents pour les jeunes.

La CDT affirme, de son côté, que cette marche vise également à réclamer une révision de l’impôt sur le revenu, la préservation du pouvoir d’achat, le respect des libertés syndicales et le maintien des droits acquis en matière de retraite. La centrale syndicale exhorte par ailleurs le gouvernement à rouvrir un dialogue social « réel, productif et contraignant », susceptible d’aboutir à des mesures concrètes répondant aux attentes des travailleurs.

Pour Younes Firachine, dirigeant de la CDT, le dernier cycle de dialogue social organisé en avril n’a produit « aucun résultat tangible ». Selon lui, le gouvernement est resté sans réponse face à la flambée des prix, à la dégradation des conditions de vie et aux difficultés croissantes rencontrées par les salariés.

Il rappelle que la mobilisation s’inscrit dans un calendrier revendicatif engagé depuis plusieurs semaines, après un 1er Mai placé sous le signe de la protestation, puis l’organisation de marches régionales le 17 mai. La manifestation de Casablanca constitue ainsi une nouvelle étape de cette stratégie de pression.

Le responsable syndical estime que le Maroc traverse une crise sociale profonde, marquée par la progression du chômage, le recul du niveau de vie et une concentration des richesses au profit d’une minorité bénéficiant, selon lui, de la spéculation et des conflits d’intérêts. Il appelle, à ce titre, l’ensemble des forces vives et des citoyens à rejoindre massivement la marche.

Dans le même temps, la CDT s’est félicitée de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice confirmant que le droit de grève est protégé par la Convention n°87 de l’Organisation internationale du travail. La centrale considère cette décision comme une victoire majeure pour le mouvement syndical et demande au gouvernement marocain de ratifier cette convention tout en mettant fin aux poursuites engagées contre des représentants syndicaux.

Elle a également dénoncé le rejet de deux propositions de loi portant sur le plafonnement des prix des carburants et la reprise de la raffinerie Samir par l’État, estimant que ces décisions privilégient les intérêts de certains groupes économiques au détriment de la souveraineté énergétique, de l’économie nationale et du pouvoir d’achat des citoyens.

À la veille de cette mobilisation, la CDT alerte enfin sur la persistance de la précarité dans plusieurs secteurs, notamment la sécurité privée, le nettoyage, l’enseignement préscolaire et l’agriculture. Elle appelle l’ensemble de ses structures à faire de cette marche nationale un temps fort de défense des droits sociaux et des libertés syndicales.

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