Le Syndicat indépendant des infirmiers et des techniciens de santé a appelé le ministère de tutelle à ouvrir les concours de recrutement dans les régions restantes, à organiser des concours exceptionnels dans les différents groupes de métiers infirmiers et à intégrer l’ensemble des diplômés en attente de recrutement, sans report ni exclusion, sur fond de ce qu’il qualifie de montée de la tension et du mécontentement dans le secteur infirmier.
Dans un communiqué publié, le bureau national du syndicat a fait part de sa vive inquiétude et de sa ferme condamnation face à ce qu’il considère comme des évolutions « graves et sans précédent » dans le secteur infirmier. Il a également dénoncé ce qu’il qualifie de restrictions, de surveillance et d’approche sécuritaire auxquelles auraient été confrontées les actions pacifiques de la Coordination nationale des étudiants, diplômés et infirmiers des Instituts supérieurs des professions infirmières et des techniques de santé.
Le bureau national a notamment dénoncé le « comportement répressif » auquel aurait été confronté le sit-in pacifique organisé par les diplômés de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Il affirme que des restrictions auraient été imposées aux participants et que leur droit à manifester pacifiquement et à exprimer leur mécontentement aurait été entravé. Le syndicat dénonce ainsi ce qu’il considère comme une « politique claire de matraquage, d’arrestations et de mauvais traitements » visant de jeunes professionnels infirmiers qui, selon lui, ne demandent que leur droit constitutionnel au travail et à la dignité.
Le syndicat a annoncé sa solidarité de principe et sans condition avec l’ensemble des personnes arrêtées dans le cadre de leurs revendications, affirmant que la politique sécuritaire et l’intimidation ne feront, selon lui, que renforcer la cohésion, la détermination et la mobilisation du corps infirmier.
Le bureau national s’est également dit profondément surpris par ce qu’il qualifie de « gestion gouvernementale et institutionnelle brutale », alors que les appels à la réforme du système de santé se multiplient et que le déficit en personnel infirmier dépasserait 64 000 infirmiers, tandis qu’environ 2 700 diplômés seraient actuellement confrontés au chômage.
Le syndicat appelle le ministère de tutelle et les autorités gouvernementales à assumer leur responsabilité et à procéder sans délai au recrutement de l’ensemble des diplômés sans emploi, à combler le déficit important dont souffrent les hôpitaux publics et à garantir concrètement aux citoyens marocains un accès à des soins conformes aux normes humaines et internationales en vigueur.
Dans ce contexte, le syndicat insiste sur la nécessité d’accélérer l’ouverture des concours de recrutement dans les régions restantes, ainsi que l’organisation de concours exceptionnels dans les différents groupements territoriaux de santé, tout en intégrant l’ensemble des diplômés en attente dans les différentes filières et spécialités, sans report ni exclusion.
Selon le syndicat, ce déficit en matière de planification et d’intégration a conduit à une situation qu’il qualifie de catastrophique et à une véritable crise de conscience nationale. Les jeunes diplômés et les compétences infirmières se retrouveraient ainsi face à deux options difficiles : l’émigration forcée et le départ contraint à la recherche de meilleures perspectives, ou le chômage et la répression dans leur propre pays.
Le Syndicat indépendant des infirmiers et des techniciens de santé a enfin renouvelé son soutien total à la Coordination nationale, affirmant que la dignité de l’infirmier et du technicien de santé constitue une ligne rouge. Il souligne également que l’investissement dans les ressources humaines et la garantie d’une stabilité professionnelle et psychologique constituent, selon lui, la première condition pour construire un système de santé solide, efficace et humain.






