Les tractations autour de la répartition des portefeuilles au sein du futur gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri s’accompagnent de tentatives de repositionnement des sphères d’influence dans plusieurs secteurs stratégiques. Parmi eux figure le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime, pour lequel le nom de Mohamed Fikrat, président-directeur général du Crédit Agricole du Maroc, est évoqué comme potentiel candidat.
Une source informée affirme qu’Aziz Akhannouch chef du gouvernement sortant et ancien président du Rassemblement national des indépendants (RNI), pousserait fortement en faveur de l’entrée de Fikrat dans le nouvel exécutif, en insistant pour que le portefeuille de l’Agriculture et de la Pêche maritime lui soit confié.
Selon la même source, les démarches attribuées à Akhannouch iraient au-delà de l’attribution de ce ministère au RNI dans le cadre de son quota gouvernemental. Fikrat serait également envisagé pour prendre la tête du département au titre du Parti authenticité et modernité (PAM), si l’architecture de la future coalition devait conduire à une telle répartition des portefeuilles.
Ce scénario revêt une importance politique particulière compte tenu des liens entretenus pendant de longues années entre le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime et le RNI, ainsi que du rôle joué par Akhannouch lui-même à la tête de ce département avant son accession à la présidence du gouvernement. L’identité du prochain ministre suscite ainsi un intérêt particulier au moment où la direction de l’exécutif passe à Fatima-Ezzahra El Mansouri.
Les sources expliquent l’insistance d’Aziz Akhannouch en faveur de Mohamed Fikrat par les liens étroits qui uniraient les deux hommes. Selon elles, l’arrivée du PDG du Crédit Agricole du Maroc à la tête du ministère permettrait au chef du gouvernement sortant de conserver un relais au sein d’un secteur resté pendant plusieurs années dans sa sphère d’influence politique.
Ces sources vont plus loin en estimant que cette volonté viserait à assurer une certaine continuité au sein du ministère, notamment dans le traitement du bilan de gestion ainsi que des décisions, programmes et marchés accumulés durant la période où le secteur était placé sous la responsabilité du RNI. La promotion de la candidature de Fikrat viserait également à contenir d’éventuelles répercussions liées à la gestion du secteur au cours de la précédente législature.
L’hypothèse d’une nomination de Fikrat au titre du PAM ajoute une dimension politique supplémentaire au dossier. Si ce scénario venait à se concrétiser, une personnalité bénéficiant, selon ces sources, du soutien d’Aziz Akhannouch accéderait à l’un des principaux portefeuilles économiques par le biais du quota ministériel du parti dont la dirigeante est appelée à conduire le nouvel exécutif.
Alors que les négociations autour de la répartition des portefeuilles s’intensifient, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime s’impose comme l’un des enjeux majeurs des tractations entourant la constitution du gouvernement El Mansouri. La candidature de Mohamed Fikrat soulève, dans ce contexte, des interrogations sur le poids qu’Aziz Akhannouch pourrait conserver dans l’architecture du prochain gouvernement et sur la pérennité de son influence dans un secteur longtemps associé à son nom et à son parti.






