La tension autour des revendications sociales dans le secteur de l’Éducation nationale reste au cœur du dialogue entre le gouvernement et les organisations syndicales. Réunie avec le ministre de l’Éducation nationale du Préscolaire de la Formation professionnelle et de la Qualification, Mohamed Nabil Benabdallah, la Confédération démocratique du travail (CDT) a remis sur la table une série de revendications portant notamment sur les augmentations indemnitaires, la réduction des horaires d’enseignement, les promotions et la régularisation de plusieurs situations administratives.
Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre organisée à l’initiative du ministère le bureau national du Syndicat national de l’enseignement affilié à la CDT a insisté sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des engagements issus des accords sociaux des 10 et 26 décembre 2023.
La centrale syndicale a notamment demandé au ministère de présenter un bilan précis et exhaustif de l’application de ces deux accords, ainsi que des dispositions du statut unifié des fonctionnaires de l’Éducation nationale. Elle réclame également l’établissement d’un calendrier contraignant pour concrétiser les engagements encore en suspens.
Pour la CDT, l’amélioration des conditions de travail des enseignants doit s’accompagner d’un renforcement des moyens humains et financiers consacrés à l’école publique. Le syndicat appelle ainsi à augmenter le nombre de postes budgétaires ouverts au recrutement, à appliquer la limite d’âge légale de la fonction publique et à préserver la gratuité ainsi que la qualité de l’enseignement.
Sur le volet financier, plusieurs revendications ont été soulevées, notamment l’instauration d’une indemnité complémentaire au profit des enseignants du primaire et du collège, ainsi que des cadres spécialisés dans l’accompagnement pédagogique et social, avec effet rétroactif.
Le syndicat a également réclamé le versement de l’indemnité de 500 dirhams destinée aux assistants éducatifs, ainsi que la régularisation des indemnités dues aux enseignants du secondaire qualifiant exerçant en dehors de leur cycle d’origine.
Les discussions ont aussi porté sur les rémunérations des administrateurs de l’Éducation nationale, le paiement des indemnités liées aux examens et aux opérations de correction, ainsi que la généralisation des indemnités prévues pour l’ensemble des personnels exerçant dans les établissements du programme des écoles pionnières.
La question de la charge horaire a également occupé une place importante dans les échanges.
La CDT a réitéré sa demande de réduction du nombre d’heures hebdomadaires d’enseignement, tout en appelant au respect des horaires réglementaires des cadres spécialisés, afin d’éviter leur affectation à des missions ne relevant pas de leurs fonctions.
Le syndicat a également demandé un aménagement du temps de travail des enseignants bénéficiant d’une dispense pour raisons médicales, ainsi qu’une accélération de l’adoption du statut particulier des enseignants agrégés, en concertation avec leurs représentants.
Ce dispositif devrait, selon l’organisation, garantir une évolution professionnelle plus équitable, notamment en matière de promotion, de carrière et de retraite.
Concernant les assistants éducatifs, la CDT a insisté sur la nécessité de finaliser les opérations d’intégration, de supprimer les quatrième et cinquième grades et de concrétiser les engagements financiers pris en leur faveur.
L’application de l’article 77 du statut a également été évoquée, le syndicat réclamant un traitement équitable des demandes d’intégration, dans le respect de l’ancienneté et du classement administratif des personnels concernés.
La centrale a parallèlement soulevé les difficultés relatives aux rémunérations des administrateurs pédagogiques et demandé l’application de l’article 89, afin de garantir davantage de transparence dans l’attribution des fonctions de direction et de préserver les droits financiers des intéressés.
Les revendications ont également concerné les cadres d’orientation, de planification et d’inspection.
La CDT a notamment demandé que les inspecteurs intégrés puissent bénéficier d’une affectation territoriale adaptée, avec les moyens matériels et logistiques nécessaires à l’exercice de leurs missions.
Elle a aussi appelé à clarifier les attributions des cadres chargés de l’économie et de l’administration, des gestionnaires des établissements et des inspecteurs des affaires financières, tout en réclamant le règlement des situations des responsables administratifs et des chefs de services.
Les dispositions des articles 81 et 82 ont également été abordées, avec une demande de régularisation des situations des agents concernés, notamment ceux exclus de l’accès à la hors-échelle et les personnels estimant avoir été pénalisés par les anciens statuts.
Le dossier des enseignants titulaires de diplômes supérieurs et des doctorants demeure, par ailleurs, l’une des principales préoccupations du syndicat.
La CDT demande son règlement définitif conformément à l’accord du 26 décembre 2023, notamment à travers la programmation des postes budgétaires encore nécessaires et l’adoption d’un décret exceptionnel permettant d’accélérer les procédures, tout en garantissant la transparence des concours.
L’organisation a également remis en avant plusieurs dossiers administratifs anciens, dont certains remontent à 2016, concernant notamment la titularisation de certaines catégories, les enseignants occasionnels, les personnels recrutés pour combler les déficits d’encadrement et la promotion 2007.
La situation des enseignants de langue amazighe figure également parmi les revendications, aux côtés de l’organisation des mouvements de mutation, du traitement des recours administratifs et de la prise en compte des situations sanitaires et sociales urgentes.
Sur le plan de la stabilité de l’emploi, la CDT a plaidé pour l’intégration dans la fonction publique des éducatrices et éducateurs du préscolaire, ainsi que des agents chargés du gardiennage, du nettoyage et de la restauration scolaire.
Selon l’organisation, cette mesure permettrait de mettre fin à la précarité professionnelle touchant plusieurs catégories de travailleurs qui participent au fonctionnement quotidien des établissements scolaires.
En outre, le syndicat a demandé le retrait des sanctions et suspensions disciplinaires liées aux mouvements de protestation dans le secteur éducatif, ainsi que l’arrêt des retenues sur salaire appliquées dans ce contexte.
Malgré l’ampleur des revendications présentées, la CDT a réaffirmé sa disponibilité à poursuivre un dialogue sérieux et constructif avec le ministère, à condition que les engagements pris se traduisent par des décisions concrètes.
Cette nouvelle rencontre intervient dans un contexte où le département de l’Éducation nationale doit poursuivre la mise en œuvre du statut unifié et répondre aux attentes de différentes catégories professionnelles.
Pour les syndicats, l’enjeu reste désormais de dépasser le stade des concertations et d’obtenir des mesures accompagnées d’échéances précises, notamment sur les indemnités, les promotions et les situations administratives en suspens.
Le communiqué syndical ne fait toutefois pas état d’un accord définitif sur ces différentes revendications. Leur concrétisation dépendra donc des prochaines étapes du dialogue entre le ministère et les représentants des personnels de l’Éducation nationale.






