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Sahara marocain : l’ONU vote ce vendredi sur un projet de résolution décisif

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se prononcer, ce vendredi 30 octobre 2026, sur un nouveau projet de résolution américain consacré au Sahara marocain. Le texte, présenté dans sa version dite « bleue », ultime étape avant son examen par les quinze membres du Conseil, pourrait marquer une évolution majeure du processus politique onusien, en consacrant le plan marocain d’autonomie comme unique base des négociations et en ouvrant la voie à une profonde réorganisation de la MINURSO.

Porté par les États-Unis, qui assurent la rédaction des résolutions relatives à ce dossier, le projet intervient dans un contexte diplomatique marqué par le renforcement du soutien international à l’initiative marocaine et par la persistance des divergences entre les parties concernées.

Selon les éléments rapportés sur la dernière version du document, Washington propose de prolonger jusqu’au 31 octobre 2027 le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), tout en modifiant sa dénomination à partir du 1er novembre 2026.

La mission serait ainsi rebaptisée « Mission des Nations unies au Sahara occidental » (MINUSO), faisant disparaître de son intitulé la référence au référendum.

Ce changement, s’il est adopté, constituerait une évolution symbolique importante dans la manière dont les Nations unies envisagent leur présence sur le terrain. Il traduirait notamment une volonté de recentrer l’action de la mission sur l’accompagnement du processus politique et le suivi de la situation sécuritaire.

Le projet prévoirait également une réévaluation de la structure et des effectifs de la mission. Le secrétaire général de l’ONU serait invité à présenter, au plus tard le 30 janvier 2027, des propositions détaillées sur sa réorganisation, notamment la réduction éventuelle de ses personnels en uniforme et le regroupement ou la fermeture de certains postes opérationnels.

Ces recommandations devraient également concerner les mécanismes de surveillance du cessez-le-feu, les opérations de déminage, les modalités de présentation des rapports et le soutien au processus de négociation.

Le Conseil de sécurité conserverait ainsi la possibilité de se prononcer ultérieurement sur une éventuelle transformation du mandat de la mission, en tenant compte des recommandations du secrétaire général et des avancées enregistrées sur le plan politique.

Au-delà de l’avenir de la MINURSO, l’élément central du projet américain réside dans la place accordée à l’initiative marocaine d’autonomie.

Le texte présenterait la proposition marocaine élargie et actualisée comme l’unique base des discussions destinées à parvenir à une solution politique durable au différend régional.

Il considérerait également qu’une autonomie véritable sous souveraineté marocaine représente la solution la plus réaliste, tout en réaffirmant la nécessité de parvenir à un règlement juste, durable et mutuellement acceptable, conformément aux principes de la Charte des Nations unies, y compris celui de l’autodétermination.

Cette formulation constituerait une nouvelle avancée diplomatique pour Rabat, dont la position consiste à défendre une solution politique fondée sur l’autonomie des provinces du Sud dans le cadre de la souveraineté nationale.

Le projet inviterait les parties à participer de manière constructive aux prochaines négociations, à coopérer pleinement avec les médiateurs et à formuler leurs propositions sur la base du plan marocain.

Les États-Unis continueraient à accompagner les efforts diplomatiques, tandis que l’ONU conserverait son rôle central dans la conduite du processus politique.

Cette orientation intervient après trois cycles de discussions organisés au cours du premier trimestre 2026 à Washington et à Madrid, avec la participation du Maroc, du Front Polisario, de l’Algérie et de la Mauritanie.

Malgré la reprise de ces échanges, les négociations n’ont pas permis de réaliser une percée décisive.

Lors d’une réunion à huis clos devant le Conseil de sécurité, le 8 octobre, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Staffan de Mistura, avait reconnu que le processus politique se trouvait dans une situation de blocage.

Le diplomate avait notamment évoqué la persistance d’un profond déficit de confiance entre les parties et les difficultés à engager des discussions approfondies sur les modalités concrètes d’une éventuelle autonomie.

Dans son analyse, De Mistura avait appelé à clarifier les orientations de la résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025, afin de mieux définir les paramètres des prochaines négociations.

L’émissaire onusien avait également estimé que la proposition marocaine d’autonomie élargie, présentée dans un document de 39 pages, offrait une base solide pour poursuivre les discussions, tout en soulignant que certains de ses aspects devaient encore faire l’objet de négociations.

Pour Staffan de Mistura, une solution durable reposant sur l’autonomie devrait satisfaire plusieurs exigences fondamentales.

La première concerne le caractère réel et effectif de l’autonomie. Celle-ci devrait se traduire par l’existence d’institutions dotées de compétences concrètes, permettant aux populations concernées de participer à la gestion de leurs affaires politiques, économiques et administratives.

La deuxième exigence porte sur la nécessité d’un processus significatif d’autodétermination, permettant aux populations sahraouies d’être informées et consultées sur les modalités de la solution envisagée.

En outre, l’envoyé personnel a insisté sur l’importance de garanties internationales suffisamment solides pour assurer la mise en œuvre durable des engagements qui pourraient être conclus.

Il a notamment évoqué des dispositifs institutionnels permettant aux populations locales d’exercer des responsabilités dans l’administration, la justice, la sécurité et le développement économique, ainsi que des garanties destinées à prévenir toute remise en cause unilatérale des compétences accordées.

Dans ce cadre, De Mistura a également souligné l’importance d’associer différentes composantes sahraouies au processus politique, au-delà des seuls représentants des parties participant directement aux négociations.

Cette approche se retrouve dans les orientations du projet de résolution américain, qui appellerait l’envoyé personnel à élargir ses consultations aux populations concernées, qu’elles résident dans le territoire, dans les camps de Tindouf ou au sein de la diaspora.

La question des réfugiés constitue d’ailleurs un autre volet important des discussions.

Le texte demanderait au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) d’achever, dans un délai de six mois, l’enregistrement des personnes vivant dans les camps de Tindouf, conformément aux règles du droit international et aux standards de l’organisation.

Il insisterait également sur la nécessité de garantir un accès sans entrave aux populations concernées et de permettre leur libre circulation dans le cadre des opérations d’identification et d’évaluation des solutions durables.

Cette disposition répond à une revendication récurrente du Maroc, qui réclame depuis plusieurs années un enregistrement des habitants des camps afin d’améliorer la transparence des données démographiques et des dispositifs d’assistance humanitaire.

Parallèlement, De Mistura a évoqué une initiative élaborée avec le HCR visant à organiser des visites individuelles et volontaires de réfugiés sahraouis à Laâyoune et Dakhla.

L’objectif serait de leur permettre de découvrir les conditions de vie actuelles dans ces villes et de mieux comprendre les dispositions du projet marocain d’autonomie.

Selon les informations communiquées lors de son intervention, le Front Polisario aurait été informé de cette proposition en septembre 2026 et aurait exprimé sa disposition à coopérer avec le HCR pour en faciliter la mise en œuvre.

Pour l’envoyé personnel, cette démarche pourrait contribuer à renforcer la compréhension mutuelle et à élargir les bases sociales d’un éventuel accord politique.

Le vote attendu ce vendredi intervient également dans le prolongement de l’adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité, le 31 octobre 2025, qui avait déjà renforcé la place du plan marocain d’autonomie dans les négociations.

Depuis cette décision, les efforts diplomatiques se sont poursuivis, avec une implication accrue des États-Unis et plusieurs initiatives destinées à relancer le dialogue entre les parties.

Le projet présenté cette année irait toutefois plus loin en faisant de l’autonomie marocaine la seule base de négociation, tout en envisageant une transformation du dispositif onusien déployé depuis 1991.

Pour le Maroc, l’adoption de ces dispositions constituerait une étape importante dans la consolidation de son approche diplomatique, fondée sur la recherche d’une solution politique réaliste et durable dans le cadre de sa souveraineté.

Cependant, la portée du texte dépendra de sa formulation définitive, des positions des membres du Conseil de sécurité et des conditions dans lesquelles les parties accepteront de poursuivre les négociations.

Car si le projet américain semble ouvrir une nouvelle séquence diplomatique favorable à la proposition marocaine, les divergences sur les modalités de l’autonomie, les garanties de sa mise en œuvre et la participation des populations concernées restent des questions essentielles.

Le scrutin de ce vendredi pourrait ainsi marquer le début d’une nouvelle étape dans le traitement onusien du dossier du Sahara, sans pour autant signifier la fin immédiate du processus politique.

L’enjeu sera désormais de déterminer si cette nouvelle orientation permettra de dépasser le blocage constaté par Staffan de Mistura et de transformer le soutien diplomatique croissant à l’initiative marocaine en avancées concrètes vers un règlement définitif du différend.

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