Le ministre de l’Éducation nationale et du Préscolaire, Mohamed Nabil Benabdallah voit ses attributions élargies à la formation professionnelle et à la qualification à la suite du limogeage de la ministre déléguée issue du Parti de l’Istiqlal, Madiha Khayr moins de 48 heures après sa nomination au sein du gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri.
Cette réorganisation est désormais actée par un décret fixant les attributions du ministre de l’Éducation nationale et du Préscolaire publié au Bulletin officiel. Le texte confie à Benabdallah la responsabilité de plusieurs secteurs éducatifs et de formation dont celui de la formation professionnelle initialement destiné à être placé sous la supervision de la ministre déléguée démise de ses fonctions.
Outre l’enseignement scolaire et préscolaire, le ministre hérite également des compétences relatives aux jardins d’enfants, précédemment exercées par le département gouvernemental chargé de la Jeunesse et des Sports.
Ce nouvel élargissement de portefeuille place ainsi Mohamed Nabil Benabdallah à la tête d’un département regroupant plusieurs composantes essentielles du système national d’éducation et de formation.
Selon des informations rapportées par le média « Hashtag », le gouvernement El Mansouri ne prévoirait pas, à ce stade, de nommer un successeur à Madiha Khayr.
La vacance de ce poste ne constituerait pas une priorité immédiate pour l’Exécutif qui privilégierait la poursuite de la gestion du secteur à travers la nouvelle répartition des compétences gouvernementales.
Cette orientation intervient alors que le départ précipité de la ministre déléguée avait suscité plusieurs interrogations sur l’avenir du portefeuille qui lui avait été attribué mais également sur les équilibres politiques au sein de la coalition gouvernementale.
Le poste relevait en effet des responsabilités ministérielles accordées au Parti de l’Istiqlal, membre de la majorité. Son éventuel remplacement soulevait donc la question de la désignation d’un nouveau profil issu de cette formation politique.
Toutefois, les informations disponibles indiquent que le gouvernement s’oriente vers le maintien du dispositif prévu par le décret d’attributions, sans procéder immédiatement à une nouvelle nomination.
Pour rappel, la cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri avait soumis au Roi Mohammed VI une demande visant à mettre fin aux fonctions de Madiha Khayr.
Cette demande avait reçu l’approbation royale conformément aux dispositions de l’article 47 de la Constitution mettant ainsi un terme à la mission gouvernementale de la ministre déléguée moins de deux jours après sa nomination.
Au delà de cette décision, la nouvelle organisation confère à Mohamed Nabil Benabdallah une responsabilité élargie dans la conduite des politiques publiques liées à l’éducation à la formation professionnelle et à la qualification des compétences.
Le regroupement de ces secteurs sous une même autorité gouvernementale pourrait favoriser une meilleure coordination entre les différents parcours de formation notamment dans la transition entre l’enseignement scolaire et l’insertion professionnelle.
Il pose néanmoins la question de la capacité du département à assurer simultanément le suivi de plusieurs chantiers de réforme, dans un contexte où le système éducatif marocain fait face à des défis importants en matière de qualité de l’enseignement de formation et d’adéquation des compétences aux besoins du marché du travail.
Avec cette nouvelle répartition des attributions le gouvernement El Mansouri semble privilégier une continuité administrative plutôt qu’un remplacement immédiat de la ministre déléguée.
En attendant une éventuelle décision concernant le poste laissé vacant, Mohamed Nabil Benabdallah assurera ainsi la supervision de l’ensemble des secteurs relevant de son portefeuille élargi conformément au décret publié au Bulletin officiel.






