La hausse des prix des carburants, entrée en vigueur le 3 août, a suscité une nouvelle vague de critiques de la part du Syndicat national du pétrole et du gaz, qui estime que la simultanéité de cette décision entre les sociétés de distribution, ainsi que le changement de la date de son application, nécessitent des explications sur les mécanismes de fixation des prix sur le marché marocain.
Dans une déclaration à la presse, Houcine El Yamani, secrétaire général du syndicat affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), a affirmé que les distributeurs de carburants avaient reporté cette augmentation jusqu’à ce que l’attention de l’opinion publique se détourne des événements survenus dans le nord du Royaume, au lieu de l’appliquer au début du mois comme à l’accoutumée. Cette décision a porté le prix du litre de gazole à plus de 14,30 dirhams.
El Yamani a souligné que l’application de cette hausse à la même date par l’ensemble des distributeurs alimente les interrogations quant à l’entité ayant fixé le calendrier de l’augmentation. Il a rappelé que le Conseil de la concurrence avait déjà considéré que les révisions tarifaires au début et au milieu de chaque mois constituaient une pratique normale, sans pour autant démontrer l’existence d’une entente entre les opérateurs.
Le responsable syndical a également expliqué que les cours internationaux du gazole évoluent quotidiennement et que l’écart des prix a dépassé deux dirhams durant la seconde moitié du mois de juillet. Pourtant, les entreprises affirment s’approvisionner de manière indépendante, à des périodes différentes et sans stockage commun.
Selon lui, la proximité des prix pratiqués par les différents distributeurs, malgré des conditions d’approvisionnement distinctes, impose de fournir à l’opinion publique des explications claires sur les critères retenus pour fixer les prix des carburants sur le marché national.
El Yamani estime enfin que l’accumulation des hausses montre que les prix des carburants au Maroc s’éloignent de l’évolution des marchés internationaux. Il considère que le rapport de force au sein du secteur offre aux grandes entreprises une large marge pour préserver leurs bénéfices au détriment du pouvoir d’achat des consommateurs.
Le Syndicat national du pétrole et du gaz a réitéré son appel à mettre fin à la libéralisation des prix des carburants, à relancer l’activité de raffinage au Maroc et à réduire la fiscalité appliquée aux produits pétroliers, afin de diminuer le coût de l’énergie et de préserver la stabilité sociale.






