Le ministre espagnol de la Justice, Félix Bolaños, a accusé jeudi plusieurs dirigeants de l’opposition de « manquer de respect » au Maroc, après des accusations formulées « sans preuve » selon lesquelles le Royaume serait à l’origine de la vague d’entrées collectives de migrants à Ceuta les 30 et 31 juillet derniers. Il a affirmé que ces accusations ne reposaient sur aucun élément concret.
Lors de son intervention devant la commission mixte de la sécurité nationale du Congrès espagnol, Bolaños a insisté sur l’absence de toute donnée permettant d’établir que le Maroc aurait planifié ou encouragé l’arrivée massive de migrants dans la ville occupée. Le ministre a également rejeté catégoriquement la présentation de ces événements comme une « invasion », estimant que de telles qualifications contribuaient à diffuser ce qu’il a qualifié de « mensonges » et de « doutes » parmi les citoyens espagnols.
Le responsable espagnol a défendu l’importance de la coopération avec le Maroc dans la gestion de la question migratoire, adressant de vives critiques aux députés de l’opposition qui ont accusé le Royaume d’être impliqué dans la crise. Selon lui, certaines prises de position politiques manquent des principes élémentaires de la diplomatie. Il a précisé que les contacts officiels entre Madrid et Rabat n’avaient donné lieu, selon sa version, à aucune remise en cause de la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla.
🎥Bolaños, a Pepa Millán (Vox): « Imagínese que en 2031, 2035, PP y Vox consiguen mayoría, ¿me puede decir si como dicen algunos de sus compañeros, ordenarían al Ejército disparar contra las personas que pasan a la frontera? » pic.twitter.com/uOmKQti4eK
— Cadena SER (@La_SER) August 27, 2026
Concernant l’ampleur de l’afflux humain enregistré à Ceuta, Bolaños a reconnu que le gouvernement espagnol ne disposait pas d’informations préalables précises sur l’arrivée d’environ 70.000 personnes. Il a expliqué que les rapports sur la sécurité nationale mettaient en garde depuis plusieurs années contre la possibilité de crises migratoires dans les deux villes, sans toutefois anticiper un scénario d’une telle ampleur à la fin du mois de juillet.
Le ministre de la Justice a également défendu l’action du gouvernement espagnol durant la crise, évoquant le renforcement de la présence de l’État à Ceuta ainsi que les investissements réalisés dans la ville. Concernant les mineurs migrants, il a affirmé que le Maroc avait exprimé, par les canaux officiels et diplomatiques, sa disposition à coopérer aux opérations de retour et de regroupement familial, tout en soulignant que ces procédures sont soumises à des règles juridiques et à des garanties spécifiques de protection des mineurs.
En conclusion de son intervention, Félix Bolaños a mis en garde contre l’exploitation de la crise de Ceuta pour diffuser des discours racistes ou hostiles aux migrants. Il a estimé que la ville était devenue un espace de diffusion de messages de haine plutôt qu’un lieu de recherche de solutions concrètes. Il a réaffirmé que Madrid mise sur la coopération avec les pays d’origine et de transit, notamment le Maroc, afin de lutter contre l’immigration irrégulière et de gérer les conséquences de cette crise.






