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Ceuta : le bilan de la vague migratoire s’alourdit à 75 morts

Le bilan des victimes de la vague de migration irrégulière ayant conduit des dizaines de milliers de migrants vers la ville occupée de Ceuta la semaine dernière s’est alourdi à 75 morts, ont annoncé mardi 4 août 2026 les autorités espagnoles. Cette crise a également ravivé les tensions diplomatiques entre Madrid et plusieurs de ses partenaires au sein de l’Union européenne.

La délégation du gouvernement espagnol à Ceuta a confirmé ce bilan à l’AFP, après que le passage de milliers de migrants depuis le Maroc vers l’enclave espagnole, le 30 juillet dernier, a entraîné la mort de dizaines de personnes noyées alors qu’elles tentaient de contourner à la nage la barrière frontalière en Méditerranée.

L’Espagne affirme avoir renvoyé au Maroc 70 000 des 72 000 migrants arrivés à Ceuta. Les personnes restées sur place sont confrontées à des conditions de vie précaires, avec un accès limité à l’hébergement, à la nourriture, à l’eau potable et aux services d’assainissement. Par ailleurs, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a assuré que le récent afflux de migrants en situation irrégulière à Ceuta n’avait pas remis en cause l’intégrité de l’espace Schengen.

Il a indiqué que l’Espagne avait déjà procédé au retour vers le Maroc de 70 000 des 72 000 migrants ayant atteint Ceuta, alors que les premières estimations faisaient état d’environ 50 000 arrivées. S’exprimant à Madrid à l’issue d’une réunion d’urgence avec ses homologues européens, M. Grande-Marlaska a déclaré : « Il est clair que cette crise n’a en aucun cas compromis l’espace Schengen. »

Il a ajouté : « Nous sommes tous convenus que l’espace Schengen n’a jamais été en danger », précisant qu’« il n’existait aucune possibilité pour les migrants de rejoindre l’Europe continentale depuis Ceuta ». Les contrôles des passeports restent maintenus à la frontière entre Ceuta et le territoire continental espagnol.

L’arrivée massive de migrants a néanmoins provoqué des tensions entre l’Espagne et certains de ses partenaires européens, notamment après que l’Italie et le Danemark ont appelé à une suspension de la participation de l’Espagne à l’espace Schengen, qui garantit la libre circulation. Si la réunion de mardi s’annonçait tendue, Fernando Grande-Marlaska a finalement affirmé qu’elle s’était déroulée « dans un climat pleinement constructif ».

De son côté, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez continue de défendre une approche plus ouverte en matière de migration irrégulière, à contre-courant des politiques plus restrictives adoptées par plusieurs dirigeants européens. Son gouvernement a lancé cette année un programme de régularisation des migrants en situation irrégulière vivant en Espagne, dont devraient bénéficier près de 500 000 personnes, principalement originaires d’Amérique latine.

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