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Affaire « Escobar du Sahara » : 10 ans de prison pour Naciri rt 12 ans pour Bioui

La Chambre criminelle d’appel près la Cour d’appel de Casablanca a rendu, dans la soirée du jeudi 25 juin 2026, son verdict dans l’affaire médiatiquement connue sous le nom d’« Escobar du Sahara ». L’ancien dirigeant du Parti Authenticité et Modernité (PAM) et ex-président du Wydad Athletic Club, Said Naciri, a été condamné à 10 ans de prison ferme, tandis que Abdenbi Bioui, ancien président de la région de l’Oriental, a écopé de 12 ans de réclusion criminelle.

La Cour a également condamné Belkacem El Mir à 10 ans de prison ferme et Abderrahim Bioui à 9 ans. La notaire Salima a été condamnée à 6 ans de prison ferme, tout comme l’homme d’affaires Fouad El Yazidi, qui devra en outre s’acquitter d’une amende de 120 000 dirhams. Les autres accusés ont été condamnés à des peines allant de deux à neuf ans de prison ferme.

Le verdict a été prononcé à l’issue de la dernière audience, au cours de laquelle les accusés ont pris la parole une dernière fois devant la Cour, en l’absence de leurs avocats. Ces derniers observaient depuis mercredi un mouvement de grève, conformément à la décision du barreau de Casablanca, en protestation contre le projet de loi portant organisation de la profession d’avocat.

Dans sa dernière déclaration, Said Naciri a rejeté catégoriquement toutes les accusations portées contre lui, affirmant n’entretenir aucun lien avec des réseaux internationaux de trafic de drogue ni avec l’individu surnommé « le Malien ». Il a présenté plusieurs documents, notamment des relevés bancaires et des pièces relatives à l’acquisition de la « Villa California », qu’il estime de nature à démontrer l’origine licite de sa fortune et la régularité de sa situation juridique. Il a demandé à la Cour de lui rendre justice.

Pour sa part, Abdenbi Bioui s’est limité à solliciter son acquittement sans fournir d’éléments complémentaires, tandis que plusieurs autres prévenus ont choisi de ne pas faire de nouvelles déclarations, se référant à celles déjà formulées au cours de l’instruction et des interrogatoires.

Cette affaire figure parmi les plus importantes procédures pénales ayant marqué l’opinion publique depuis la fin de l’année 2023. Le 21 décembre de cette année-là, le juge d’instruction près la Cour d’appel de Casablanca avait ordonné le placement en détention provisoire de Said Naciri et d’Abdenbi Bioui, dans le cadre d’une enquête portant sur leurs liens présumés avec un réseau international de trafic de stupéfiants.

Said Naciri est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment faux et usage de faux dans un document officiel, participation à une entente visant la détention, le transport, l’exportation et la tentative d’exportation de stupéfiants, escroquerie et tentative d’escroquerie, trafic d’influence, incitation d’autrui à faire de fausses déclarations sous la contrainte, recel de produits d’infractions, falsification et usage de chèques, ainsi que participation à l’importation de devises étrangères sans déclaration.

Abdenbi Bioui fait également face à de lourdes accusations, parmi lesquelles le trafic de stupéfiants, le faux et usage de faux dans des documents officiels, l’obtention de documents sous la contrainte, la participation à des actes arbitraires portant atteinte à la liberté individuelle, la facilitation de l’entrée et de la sortie de personnes du territoire national dans le cadre d’une organisation criminelle, ainsi que la participation à une entente criminelle liée au trafic international de drogue.

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