Les États américains de New York et du New Jersey ont ouvert, ce mercredi 27 mai 2026, une enquête afin de déterminer si la FIFA a abusé des supporters de football à travers des prix de billets jugés « excessivement élevés » pour la Coupe du monde de football 2026, selon les procureurs généraux des deux États.
L’enquête portera notamment sur des signalements accusant la FIFA d’avoir induit les supporters en erreur concernant l’emplacement des sièges, mais aussi d’avoir appliqué une politique tarifaire basée sur une hausse des prix en fonction de la demande et des ventes.
La procureure générale du New Jersey, Jennifer Davenport, a déclaré que son État était déterminé à mener « une enquête approfondie sur les pratiques de la FIFA ».
De son côté, la procureure générale de New York, Letitia James, a affirmé que les habitants de New York attendaient depuis des années l’organisation de la Coupe du monde dans leur ville et méritaient « une chance équitable d’obtenir des billets à des prix raisonnables ».
Elle a ajouté qu’« aucun supporter ne devrait être poussé à payer des montants exorbitants pour des places » et que les fans doivent pouvoir avoir confiance dans le fait que les billets achetés correspondent réellement aux sièges obtenus.
Une grande partie de la polémique concerne le coût particulièrement élevé de la finale prévue au MetLife Stadium, stade des équipes de football américain des New York Giants et des New York Jets, situé dans le New Jersey, à proximité de New York.
Au-delà du prix des billets eux-mêmes, les frais annexes suscitent également la controverse. Le coût des transports publics depuis New York dépasserait 100 dollars, tandis que le stationnement atteindrait 225 dollars.
L’organisation européenne de supporters Football Supporters Europe a qualifié la politique tarifaire du Mondial de « racket » et de « trahison majeure », estimant que les prix pratiqués rendent inaccessible pour une grande partie du public un tournoi qui devrait pourtant rapporter près de 13 milliards de dollars à la FIFA.
Contactée par l’Agence France-Presse, la FIFA a refusé de commenter l’enquête. L’organisation avait toutefois expliqué en mai que sa stratégie tarifaire reposait sur « plusieurs catégories et niveaux de prix » afin de refléter la demande spécifique de chaque rencontre.
La FIFA a également indiqué appliquer un modèle de vente et de revente des billets conforme aux pratiques habituelles des grands événements sportifs et culturels dans les pays hôtes, précisant que les prix sont ajustés afin d’optimiser les ventes, la fréquentation et la « juste valeur marchande » des événements.
L’instance mondiale du football avait par ailleurs déclaré au média The Athletic en avril que les plans des stades initialement présentés au public étaient seulement « indicatifs » et susceptibles d’être modifiés.
Lors d’une intervention mercredi à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump a pour sa part minimisé la polémique liée aux tarifs des billets.
« La Coupe du monde est extraordinaire. C’est le plus grand succès qu’ils aient jamais connu en matière de vente de billets. Ils n’ont jamais vu des ventes aussi rapides », a-t-il déclaré.
Selon la FIFA, près de sept millions de billets seront mis en vente pour la compétition. Début avril, plus de trois millions de billets avaient déjà été écoulés, tandis que de nouvelles vagues de vente doivent se poursuivre jusqu’à la fin du tournoi.






