Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une enveloppe de 19,4 milliards de dirhams destinée à poursuivre le soutien des prix du gaz butane, du sucre et de la farine nationale de blé tendre, dans le cadre des mesures visant à préserver la stabilité des prix des produits de première nécessité et à protéger le pouvoir d’achat des ménages marocains face aux fluctuations des marchés internationaux.
Parmi les principales mesures sociales programmées pour l’année prochaine, le gouvernement prévoit également de prendre en charge les factures mensuelles d’électricité dont le montant ne dépasse pas 100 dirhams, afin d’alléger les dépenses énergétiques des ménages.
L’exécutif entend parallèlement maintenir les tarifs de l’électricité à leurs niveaux actuels malgré l’augmentation du coût de plusieurs matières énergétiques sur les marchés mondiaux. Selon la note de présentation du projet de loi de finances 2027, les crédits consacrés à la Caisse de compensation continueront à évoluer en fonction des cours internationaux et de leur impact sur le coût du soutien aux produits de base.
En 2026, le gouvernement avait porté le budget consacré à la compensation à 22 milliards de dirhams après l’ouverture de crédits supplémentaires de 8 milliards de dirhams afin de couvrir les dépenses liées aux dispositifs de soutien. Pour 2027, l’enveloppe est fixée à 19,4 milliards de dirhams et devra notamment permettre de poursuivre la subvention du gaz butane, du sucre et de la farine nationale de blé tendre.
L’objectif affiché reste de limiter la transmission directe des fluctuations des prix mondiaux au marché intérieur et, par conséquent, aux consommateurs. Concernant le gaz butane, les données contenues dans la note indiquent que le soutien moyen supporté par l’État pour une bouteille de 12 kilogrammes s’est élevé à 61,79 dirhams entre janvier et août 2026.
Ce montant représente une hausse de 15,75 % par rapport à la même période de l’année précédente. Une partie des crédits supplémentaires ouverts en 2026 a ainsi été consacrée à l’augmentation du coût de la subvention du butane.
Ces ressources ont également permis de financer le soutien exceptionnel réactivé en faveur des professionnels du transport routier afin de limiter l’impact de la hausse des carburants sur le coût du transport des personnes et des marchandises. Sur le volet de l’électricité, le gouvernement prévoit une mesure supplémentaire directement destinée aux ménages : la prise en charge par l’État de l’intégralité des factures mensuelles inférieures ou égales à 100 dirhams.
Cette disposition doit s’accompagner du maintien des tarifs actuels de l’électricité malgré les tensions persistantes sur les prix internationaux du gaz naturel, du fioul et du charbon. La note précise que les transferts financiers accordés par l’État à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable ont atteint 17 milliards de dirhams entre 2022 et 2025 dans le cadre du protocole de soutien conclu avec l’établissement.
Un nouveau protocole signé en 2026 prévoit par ailleurs la mobilisation de 6,5 milliards de dirhams afin de contribuer à l’amélioration de la situation financière de l’ONEE et d’accélérer la réalisation de son programme d’investissement et d’équipement.
Cette intervention doit permettre de maintenir les prix de l’électricité à leur niveau actuel et d’éviter de transférer aux consommateurs une partie des surcoûts énergétiques. Concernant la farine nationale, le gouvernement entend maintenir le soutien au blé tendre dans le cadre de l’enveloppe globale consacrée à la compensation.
Selon la note du PLF, le recul des cours internationaux a permis de maintenir le coût des importations en dessous du prix cible fixé à 270 dirhams le quintal, évitant ainsi le recours au mécanisme de restitution. Le document revient également sur les mesures douanières prises en matière d’importation de blé tendre et de ses dérivés.
Il cite notamment le décret n° 2.26.419 du 25 mai 2026 relatif au rétablissement puis à la suspension du droit d’importation, ainsi que le décret n° 2.26.583 du 23 juillet 2026 concernant la prolongation de la perception de ce droit et sa suspension.
À travers ces différents dispositifs, le gouvernement poursuit donc une politique mêlant soutien direct et mécanismes indirects afin de sécuriser l’approvisionnement du marché national et d’amortir l’impact des fluctuations internationales.
Le PLF 2027 confirme ainsi le maintien du soutien au gaz butane, au sucre et à la farine, tout en introduisant une mesure particulièrement visible pour les ménages avec la prise en charge des petites factures d’électricité.






