Une semaine après les violences du 17 octobre, la France a vécu ce samedi une nouvelle journée de contestation sociale sous haute surveillance policière. Si la capitale a vu défiler une marche particulièrement calme jusqu’à l’est parisien, la situation s’est nettement tendue en région, marquée par des affrontements, des jetés de gaz lacrymogènes et plusieurs interpellations.
Paris : Un cortège imposant et sans accroc jusqu’à la Porte de Vincennes
Parti en début d’après-midi, le cortège parisien — réunissant toutes les générations, des vétérans de Mai 68 aux lycéens — a rejoint la Porte de Vincennes dans un calme remarquable. Dans les rangs, la colère face à la hausse du coût de la vie côtoyait la dénonciation des méthodes policières.
Sur le pont du cours de Vincennes, des manifestants ont déployé une banderole appelant à un « Acte III » et à une « grève générale de la consommation » pour le 28 octobre. À l’arrivée, un imposant dispositif de CRS et de gendarmes mobiles a circonscrit la zone pour éviter tout débordement sauvage, maintenant le rassemblement sous strict contrôle.
Heurts et gaz lacrymogènes dans plusieurs métropoles
Le climat s’est avéré nettement plus électrique en province :
Nantes & Bordeaux : Face-à-face tendus et jets de projectiles ont rythmé la fin d’après-midi. À Nantes, le cours des 50 Otages est devenu le théâtre d’affrontements appuyés, les forces de l’ordre répliquant aux tirs de mortiers par des grenades assourdissantes et des canons à eau. À Bordeaux, la place de la Bourse s’est retrouvée noyée sous les fumigènes et les gaz lacrymogènes alors que des groupes masqués tentaient de s’en prendre aux commerces de la rue Sainte-Catherine.
Nice & Marseille : Premières tensions observées sur le boulevard des Dames à Marseille et sur la place Masséna à Nice, où les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes. La préfecture des Alpes-Maritimes a fait état de 40 interpellations et de la présence signalée d’une centaine de militants d’ultra-droite.
Lyon : Malgré des arrêtés d’interdiction, plusieurs cortèges sauvages ont déambulé entre la Guillotière et Part-Dieu. La préfecture a comptabilisé 10 000 manifestants (contre 20 000 la semaine précédente) et a déployé des blindés Centaure pour disperser les rassemblements.
Orléans : Placé sous une vigilance extrême en raison de la tenue du congrès du Rassemblement National, le secteur d’Orléans a vu le déploiement d’un vaste filtrage routier. La préfecture du Loiret a signalé la présence d’une dizaine de fiches S et procédé à plusieurs gardes à vue, alors que 13 000 personnes manifestaient dans le calme.
Pouvoir d’achat : Le gouvernement entrouvre la porte sur le Smic
Alors que la pression de la rue ne faiblit pas sur le front de la cherté de la vie, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a laissé entendre sur France Info qu’une revalorisation anticipée du Smic avant l’échéance automatique du 1ᵉʳ janvier faisait « partie des débats » actuellement menés avec les partenaires sociaux. Une concession symbolique visant à éteindre la contestation, au moment même où les syndicats et collectifs citoyens menacent de prolonger le mouvement.






